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Pour l’essayiste Antoine Buéno, accepter l’IA impose un exil symbolique hors de tout territoire connu où les questions pleuvent : qu’est-ce qu’un auteur ? Un coauteur ou pas un auteur du tout ? Que reste-t-il de la création humaine ?
► Lire la tribune d'Antoine Buéno
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Pour l’ex-salariée de Google et romancière Sarah Tadlaoui, la machine, qui parle avec nos tournures, nos émotions, pourrait finir par nous programmer en retour. Il faut donc conserver des espaces de réflexion et d’écriture sans IA.
► Lire la tribune de Sarah Tadlaoui
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Parce qu'on sloppe pas le travail...
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Ireland Safety. Le 14 octobre, Dublin accueillait l'International AI Summit, énième sommet mi-institutionnel mi-corporatiste. Au cœur du débat, les enjeux de sécurité des modèles. D'un côté, la Commission européenne défend mordicus son travail, et Henna Virkkunen, responsable de la sécurité technologique, partage la bonne nouvelle : «En Europe, nous avons déjà un cadre légal pour traiter ce genre de défis : l'AI Act». En réponse, le Britannique Demis Hassabis, tête pensante de Google DeepMind, considère que les derniers piratages opérés par des agents d'IA sont «des coups de semonce» et déplore poliment la naïveté européenne, estimant qu'une législation adoptée il y a trois ans est depuis devenu obsolète. «Cela ne répond plus aux problèmes réels du moment.» Enfin, OpenAI, par l'intermédiaire de sa directrice financière, Sarah Friar, a pu opérer les ambiguës contorsions rhétoriques qui caractérisent l'entreprise. Soit un soutien à la régulation, tout en «devant s'assurer que cela ne nous ralentisse pas, au risque de nous retrouver derrière les personnes qui sont du côté malveillant du déploiement».
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Vraie traque d'un faux ours. Au cœur de l'Extrême-Orient russe, dans l'oblast de l'Amour, une femme a eu l'idée de jouer un tour à un ami. Sa farce ? Avec ChatGPT, générer la photo d'un ours en vadrouille dans une rue de son village. Partagée sur les réseaux sociaux, l'image fut rapidement virale, d'autant plus dans un territoire où les rencontres mortelles avec les ursidés se multiplient sur fond de changement climatique. Les autorités locales organisèrent même une traque, avant de découvrir le fond de l'affaire et d'infliger une légère amende à l'inconsciente. Le plus cocasse ? C'est la deuxième fois que cela se produit, après un cas similaire en septembre dans la province de Transbaïkalie.
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Adobe et vibecode. Depuis longtemps, Brandon Thomas cultive une rancune contre Adobe, entreprise hégémonique dans le secteur de la création numérique. Le développeur américain n'a jamais digéré les frais de résiliation imposés par le groupe, et le temps de la vengeance a sonné. Son plan, aussi simple que besogneux : utiliser l'IA pour recréer à coups de prompts (un procédé nommé vibecoding) la suite Adobe et partager gratuitement au grand public ce clone dénommé Artcraft. De l'édition photo au montage vidéo, ces copies sont quasi conformes aux logiciels d'origine. Un coup de massue pour Adobe, accusé depuis des années d'abuser de sa position dominante. Invoquant un retour à l'Internet des années 2000 (comprendre en libre accès et non centralisé autour d'une poignée de plateformes commerciales), le chaotique Brandon Thomas s'est trouvé une nouvelle cible : la suite Microsoft, de Word à Excel.
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C'est la nouvelle méthode de programmation incontournable. Le principe est déroutant de simplicité : le développeur n'écrit plus en langage informatique, mais dicte ses consignes et ses intentions à un modèle d'IA, qui génère de lui-même le code. Dit autrement, le vibecode («programmer à la sensation») fait du développement informatique une opération plus que rapide, accessible même aux néophytes.
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LIBÉ.IA
Une newsletter réalisée par Arthur Cerf, Elise Viniacourt et Quentin Le Van, coordonnée par le service Economie.
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