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Questions pour un champion.
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Raphaël Glucksmann est donc sorti vainqueur de la primaire PS. L’eurodéputé, incarnant l’offre la plus à droite de la compétition, n’est pas sorti de l’auberge. Au lendemain de sa victoire, un tract de son équipe a été distribué. 954 caractères dramatisant l’enjeu, où le mot « gauche » n’apparaît qu’une fois, et à la fin du texte. « Changer la vie », comme le promettent les forces progressistes ? Non, « gagner la bataille de France » face à l’extrême droite et aux « démagogues ».
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La référence gaulliste confirme que le fondateur de Place Publique entend parler au centre pour récupérer les déçus du macronisme. Une intention qui fera grincer des dents les hiérarques socialistes, qui rappelleront que le candidat a signé une charte l’engageant à rassembler la gauche hors LFI. Sans quoi, Glucksmann s’exposera au pourrissement de sa campagne, pour le plus grand plaisir de ceux qui attendent de le voir trébucher, de Mélenchon à Hollande.
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Mais selon son entourage, aucun péril en la demeure. Par un miracle lié à la magie d’un positionnement « républicain », l’électorat de gauche aspiré par le candidat LFI finira par se ranger derrière lui. Tout comme les soutiens de Gabriel Attal tomberont dans son escarcelle quand il se désistera pour Édouard Philippe. Vu de l’extérieur, la stratégie interroge. Raphaël Glucksmann est-il conscient qu’il faut gagner le premier tour avant de s’élargir ? Voit-il la contradiction de vouloir incarner la gauche tout en ménageant un centrisme essoré par dix ans de pouvoir ? Juge-t-il vraiment que la qualification au second tour passe par un centre sur lequel louche aussi le maire du Havre ? Charge à lui de répondre (rapidement) à ces questions.
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Romain Herreros, chef du service politique du HuffPost
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