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Partant du principe que Gabriel Attal est la gauche de la droite et Raphaël Glucksmann la droite de la gauche, on a tendance à considérer, peut-être un peu vite, que l’électorat de l’un et de l’autre sont fortement perméables. Les sondages publiés cette semaine par Odoxa et l’Ifop suggèrent le contraire. Peu importe que ces enquêtes aient été réalisées avant ou après la désignation de Raphaël Glucksmann comme candidat « officiel », elles le créditent chacune de meilleures performances dans l’hypothèse où Gabriel Attal serait le candidat du bloc central au lieu d’Édouard Philippe. Glucksmann fait 1 point de mieux dans le scénario Attal chez Odoxa, et 2,5 points de mieux dans la même configuration lorsqu’il est testé par l’Ifop après sa victoire à la primaire. Constat cruel pour l’inventeur de l’opération « mille bistrots » : quand les trois candidats sont testés ensemble, c’est Attal qui dégringole (5 %).
De là, on peut tirer deux hypothèses :
1) Édouard Philippe est mieux identifié comme candidat du « vote utile » que Gabriel Attal ;
2) Gabriel Attal ne menace pas l’hégémonie de Raphaël Glucksmann sur l’espace social-démocrate.
Pourquoi ? Associé à « l’aile gauche » de la macronie en raison de ses positions progressistes, Gabriel Attal donne en réalité très peu de gages idéologiques à la gauche elle-même, notamment en matière de justice sociale : sa parole sur l’éducation, thème sur lequel il se montre le plus proche des aspirations de la gauche, est démonétisée par son expérience de ministre. Surtout, il semble bien plus associé au macronisme qu’Édouard Philippe, lequel est éloigné du pouvoir depuis plus longtemps, et bénéficie d’un ancrage local contrastant avec l’image très parisienne de Gabriel Attal. Enfin, l’ancien Premier ministre a fait le pari de mobiliser son camp en se posant comme meilleur rempart contre l’accession de Jean-Luc Mélenchon au second tour : quelle perspective lui reste-t-il, maintenant que le candidat socialiste a été désigné sur cette base ?
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