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La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

Le service politique de Marianne : Boire ou conduire.. Vendredi 16 octobre 2026

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Bonjour et bienvenue dans votre nouveau rendez-vous politique 🤩

Campagne présidentielle oblige, Marianne met sa newsletter au goût du jour. Infos exclusives, points de vue originaux et humour décapant seront au rendez-vous chaque vendredi matin.

Par Maël Jouan, Aurore Malval, Hadrien Mathoux, Louis Nadau et Edouard Roux
 
C'EST DU OFF 🤫🤭🤯
... Il faut choisir
Il ne pouvait décemment pas lancer l'opération « 1 000 bistrots » ET prendre le volant. Avec l’élection présidentielle arrive une nouvelle cuvée d’émissions politiques, dont « Route nationale », sur TF1. Le concept ? La journaliste Anne-Claire Coudray part en « road trip »  avec un candidat à la rencontre des Français. Or, un détail n’est pas passé inaperçu à propos de l'invité de la deuxième émission, Gabriel Attal : dans la voiture, c’est Anne-Claire Coudray qui tient le cerceau. « Gabriel n’a pas le permis, c’est pour cela qu’il est à la place du mort… », glisse un proche de l’ex-Premier ministre. Une autre le défend : « C’est des conneries. Édouard [Philippe] a sûrement empêché Coudray de conduire ! Ça lui ressemblerait tellement ! » L’équipe du trentenaire n’a pas répondu à nos sollicitations. C’est que l’anecdote renforcerait encore l’image d’un candidat déjà associé à l’École alsacienne et aux arrondissements à un chiffre de la capitale. Sur la route, le candidat et la journaliste sont partis de Vanves jusqu’à Saclay, en passant par Grigny. Hélas, la ligne 10 du métro parisien ne passe pas par là…
 
 
 
Musulmans, Insoumis, jeunes... Si Le Pen est élue, ils veulent quitter la France
Une vaste étude de l'Ifop pour Marianne cerne les enjeux de laïcité et de discriminations, notamment en cas de victoire du RN à la présidentielle.

LA SUITE SUR MARIANNE.NET

 
 
 
Au Sénat, l'ego de Malhuret fait (encore) jaser
Sous les ors de la Chambre haute, certains n’ont toujours pas digéré que le psychodrame au sein du groupe des Indépendants (LIRT) ait permis au Rassemblement national d’obtenir une vice-présidence - certes tournante. Trois groupes totalisant le même nombre de sièges (15 pour les Indépendants, les Écologistes et pour le RN-UDR), l’idée d’alterner la huitième vice-présidence a été adoptée par le bureau la semaine dernière, à raison d'un an chacun. La conclusion d’un épisode mouvementé, entre tentative de putsch et menaces de scission, le tout dirigé contre le président des Indépendants Claude Malhuret, sénateur de l’Allier et fidèle d’Édouard Philippe.

Une partie de ses troupes lui reproche un fonctionnement très autoritaire et un manque de travail au service du groupe. « Il ne s’investit pas, il veut juste une tribune pour continuer ses diatribes », tacle un sénateur. Louis Vogel, élu en Seine-et-Marne, se serait bien vu reprendre le flambeau. Las, sa fronde a fait long feu. Résultat : un départ fracassant suivi de 4 autres, qui ont rétréci le groupe de 20 à 15. « C’est dommage parce que ce n’est absolument pas politique, c’est juste une question d’égo », peste un autre sénateur. Les deux vont souvent ensemble.
 
LA GRIFFE DE MATHOUX 🐾
Économie : les recettes démodées du candidat Mélenchon
 
(Isa Harsin/Sipa)
« Notre programme, c'est l'équivalent de celui de Mitterrand en 1981 » : l'argument est fréquemment brandi par les insoumis pour dissiper les peurs autour de leur supposée radicalité économique. Mais il est dommage que, près d'un demi-siècle après l'accession de la gauche socialiste au pouvoir, Jean-Luc Mélenchon n'ait visiblement pas tiré les leçons de ce qui a contraint Mitterrand à décider du tournant de la rigueur quelques mois après son arrivée à l'Élysée.

Témoin de la préoccupante aporie insoumise, la grande conférence de présentation du contre-projet budgétaire organisée par les insoumis ce mercredi 14 octobre. Les recettes du candidat Mélenchon ne sont pas celles d'un dangereux bolchevique au couteau entre les dents, comme le prétendent certains agités du bocal néolibéral, mais relèvent du keynésianisme le plus traditionnel : la relance par la consommation, à grands coups de dépenses publiques (plus de 80 milliards supplémentaires), d'investissements dans les infrastructures, d'augmentation de la rémunération des fonctionnaires et de distribution de chèques censés stimuler l'activité économique en soutenant le pouvoir d'achat des ménages, comme ce revenu d'autonomie de 1 331 euros attribué aux jeunes. 

Le problème ? La France n'est pas une île, mais une économie ouverte, qui produit de moins en moins les biens que sa population consomme. Comme en 1981, il est donc plus que probable que l'argent distribué par l'État aux Français soit dépensé en achats de produits étrangers. À la clé, non pas un cercle vertueux de croissance et de rétablissement des comptes, mais une forte inflation, une dégradation de la balance commerciale et du déficit public déjà dans un sale état, et, à l'arrivée, une aggravation du déclin du pays. Ce n'est pas toujours dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe, et il faudra à Jean-Luc Mélenchon montrer autre chose que des recettes ayant fait la preuve de leur inefficacité pour convaincre qu'il peut gouverner le pays.
 
Le Portrait Chinois 🎨
Si Raphaël Glucksmann était...

•          Un personnage de BD : Tintin

•          Un pays (sauf la France) : l’Ukraine (ou la Géorgie)

•          Un dessert : le quatre-quarts

•          Un jeu : Risk

•          Une chanson : Je ne suis pas un héros - Daniel Balavoine

•          Un animal : la girafe (dégingandée, regard braqué sur l’horizon)

•          Une fleur : la pivoine - de loin, on peut la confondre avec une rose

•          Un livre : Les Racines du ciel - Romain Gary

•          Un alcool : la grenadine

•          Un film : L’Auberge espagnole

•          Un sport : le volley

•          Une couleur : le jaune

•          Un événement historique : le traité de Maastricht
 
LE DESSIN
 
 
 
 
 
LE CHIFFRE QUI CHIFFONNE 🔢
32 %
Cette « petite bombe » changera-t-elle la teneur des débats présidentiels ? On peut l’espérer… mais aussi en douter, compte tenu du poids électoral des retraités : cette semaine, Bercy confirmait un calcul récemment établi par Marianne, en révélant la part du budget des ministères consacrés aux pensions de retraite. On apprend ainsi que l’Éducation nationale consacre 32 % de son budget aux retraites, tandis que l’Intérieur alloue 30 % de ses moyens aux pensions. Au total, l’État consacre 50 milliards d’euros par an aux retraites, sans que ces dépenses ne soient comptabilisées comme telles. Cette dépense fantôme est allée croissante ces vingt dernières années, accréditant l’idée que les services publics dépensaient toujours plus pour toujours moins de résultats. Comme le montrait Marianne, une fois cette obole acquittée, les moyens réels des grands services publics ont baissé de 12,5 % en vingt ans. Une conclusion s’impose : le débat public autour des dépenses de la France est posé sur une base erronée depuis des années.
 
L'AVIS OSÉ 😱
Attal est incapable de menacer Glucksmann (selon Louis Nadau)

Partant du principe que Gabriel Attal est la gauche de la droite et Raphaël Glucksmann la droite de la gauche, on a tendance à considérer, peut-être un peu vite, que l’électorat de l’un et de l’autre sont fortement perméables. Les sondages publiés cette semaine par Odoxa et l’Ifop suggèrent le contraire. Peu importe que ces enquêtes aient été réalisées avant ou après la désignation de Raphaël Glucksmann comme candidat « officiel », elles le créditent chacune de meilleures performances dans l’hypothèse où Gabriel Attal serait le candidat du bloc central au lieu d’Édouard Philippe. Glucksmann fait 1 point de mieux dans le scénario Attal chez Odoxa, et 2,5 points de mieux dans la même configuration lorsqu’il est testé par l’Ifop après sa victoire à la primaire. Constat cruel pour l’inventeur de l’opération « mille bistrots » : quand les trois candidats sont testés ensemble, c’est Attal qui dégringole (5 %).

De là, on peut tirer deux hypothèses :

1) Édouard Philippe est mieux identifié comme candidat du « vote utile » que Gabriel Attal ;

2) Gabriel Attal ne menace pas l’hégémonie de Raphaël Glucksmann sur l’espace social-démocrate.

Pourquoi ? Associé à « l’aile gauche » de la macronie en raison de ses positions progressistes, Gabriel Attal donne en réalité très peu de gages idéologiques à la gauche elle-même, notamment en matière de justice sociale : sa parole sur l’éducation, thème sur lequel il se montre le plus proche des aspirations de la gauche, est démonétisée par son expérience de ministre. Surtout, il semble bien plus associé au macronisme qu’Édouard Philippe, lequel est éloigné du pouvoir depuis plus longtemps, et bénéficie d’un ancrage local contrastant avec l’image très parisienne de Gabriel Attal. Enfin, l’ancien Premier ministre a fait le pari de mobiliser son camp en se posant comme meilleur rempart contre l’accession de Jean-Luc Mélenchon au second tour : quelle perspective lui reste-t-il, maintenant que le candidat socialiste a été désigné sur cette base ?

 
 
 
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