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La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

L'actualité littéraire hebdo avec BIBLIOBS - Et si vous optiez pour une rentrée « subtile » ? Vendredi 4 septembre 2026

 

Vendredi 4 septembre 2026

Chaque vendredi, notre sélection d’articles pour suivre l’actualité littéraire et la vie des idées : romans, essais, polars et BD.
Et si vous optiez pour une rentrée « subtile » ?

Par Arnaud Gonzague

On sait parfois gré à un auteur de ne pas être trop indigné. Cela paraît étrange, mais appartenant au service Idées du « Nouvel Obs », recevant donc mon arrivage mensuel d’essais, j’éprouve parfois le sentiment d’être submergé de textes dont la conclusion est qu’il faut se débarrasser de tout. Allez hop ! Tabula rasa ! Et repartons de zéro. Ce qui est frustrant. Non que les choses à changer manquent (écologie, vie démocratique, relations entre les hommes et les femmes, école…). Mais l’appel au « tout doit disparaître » s’avère souvent une posture intellectuelle commode, qui évite de trop se colleter à ce qui est le plus difficile : changer concrètement le bastringue.

Peut-être parce qu’il est bruxellois, Pascal Chabot (dont nous avions jadis tiré le portrait) est un philosophe qui rejette toutes les postures. Il observe nos vies contemporaines, très exactement, telles qu’elles sont, et les décrit au mieux sans y porter d’excessifs jugements. Dans son dernier essai, « Nos vies encapsulées » (PUF, 240 p., 18 euros), il dépeint ainsi les existences d’habitants de pays développés, passant de capsules (des petites boîtes) en capsules : de nos logis confortables et bien fermés à nos bureaux, reliés par des transports en commun dans lesquels nous nous immergeons dans d’autres capsules, audiovisuelles cette fois (YouTube, Spotify…).

Tout cela est vrai. Mais Pascal Chabot refuse de s’en tenir à la déploration : à la page 107, soit au milieu du livre, il trace des pistes, non pour se débarrasser des capsules (ce qui serait posture, encore), mais pour rééquilibrer un peu les choses vers ce qu’il nomme le « subtil ». Qu’est-ce que c’est ? « Ce qui nous relie aux autres, aux idées, à la terre, au sens, à ce qui importe », écrit-il. Et voilà une idée apparemment simple, mais salvatrice à l’heure où sonne la rentrée, et la multitude de ses impératifs matériels, logistiques et technologiques : n’oublions pas de progresser subtilement.

Car oui, affirme le philosophe, il existe une manière de progresser dans ses émotions, dans ses attachements à autrui et au monde, dans ce qui nous relie, tout comme il existe des progrès technologiques. Songer à tout cela, c’est nous décapsuler un brin l’âme. La suite de son essai est sans doute trop foutraque, parlant de la contemplation d’une mandarine dans une chambre d’hôtel, à la pensée que nous avons pour nos chers défunts, en passant par les intuitions de Rimbaud, René Char et « la vocation anti-cruelle de l’Europe ». Mais, toujours, Chabot nous stimule, alors, proclamons-le : que la rentrée soit subtile !

 
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