Notre vie intestinale est un roman. Installé au rez-de-chaussée de l'intestin, le peuple de Lilliputiens microscopiques qui compose le microbiote travaille du matin au soir au maintien de notre immunité. Chaque jour, il vit dans l'attente des repas de son hôte, c'est-à-dire nous, en espérant recevoir ce dont il a absolument besoin. Des fibres, principalement. Trente grammes quotidiens. Minimum.
Or huit personnes sur dix en France ont un apport bien en deçà, ce qui veut dire que huit microbiotes sur dix sont en souffrance. Dans les profondeurs des ventres transformés en grand dortoir d'éclopés, un drame se joue. De mauvaises bactéries, jusque-là minoritaires, sortent des plis de l'intestin. Celles-là aiment vivre dans l'organisme sucré des gens qui mangent beaucoup de pain, pâtes, riz, plats industriels, sucreries. Diaboliques, elles activent dans notre cerveau l'envie de manger toujours plus de sucre et déclenchent les irrépressibles envies, si courantes.
Ce type de microbiote en déséquilibre est problématique car il est pour beaucoup dans l'avènement de ces grands maux contemporains que sont le diabète ou l'obésité. Comment inverser un tel processus ? Que faire pour garder ou retrouver un microbiote en bonne santé ?
Sur la base de livres et conférences de scientifiques et gastro-entérologues pionniers, nous faisons le récit de cette vie intérieure. Une « médecine microbiotique » est aujourd'hui en construction, basée sur cette réalité à la fois scientifique et philosophique : l'être humain n'est pas seul à habiter son corps.
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