Dire qu’il y a peu, j’étais encore des vôtres. De ceux qui méprisent ouvertement les notes vocales en mode « quand même, on n’est pas des ados ! Ce n’est pas possible d’avoir autant la flemme d’écrire ! » et mettent dans leur statut WhatsApp un avertissement passif-agressif : « Je n’écoute pas les vocaux ».
Jusqu’à ce que j’essaie. Un jour, sur un parking, alors que j’allais prendre le volant, j’avais une foule de choses à dire à une amie d’enfance. Pas le temps de rédiger un long texto parsemé d’emoji, alors je me suis lancée. Bien sûr, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois, parce que je relâchais la petite touche trop tôt. Mais quelle satisfaction quand le message de 20 secondes est parti ! Depuis, je n’arrête plus. Plus encore que de m’enregistrer, je crois que j’apprécie désormais d’entendre la voix de ma copine hôtesse de l’air entre deux fuseaux horaires ou celle de mes voisins m’invitant à passer prendre une coupe de champagne.
Echanger ainsi par la parole, en différé, ne date pas d’hier. Grâce à un passionnant article du « National Geographic », j’ai découvert que les premiers messages vocaux étaient, durant la première moitié du XXe siècle, enregistrés sur des disques métalliques ou des vinyles avant d’être glissés dans des enveloppes et envoyés par la poste. Ils ont été ensuite remplacés par les cassettes audio, que les soldats américains expédiaient à leurs proches depuis le Vietnam.
Aujourd’hui, quelque 7 milliards de vocaux sont envoyés chaque jour sur WhatsApp, qui a intégré cette fonctionnalité en 2013. Les autres réseaux sociaux ont suivi. Rassurez-vous, j’observe pour ma part une certaine étiquette. Jamais je n’échange de cette façon avec quelqu’un qui ne m’a pas déjà envoyé un vocal. Je vous attends donc au sein de la confrérie du petit bouton-dictaphone. Si vous hésitez encore, sachez que WhatsApp propose une retranscription écrite de ces communications. Le meilleur des deux mondes en somme.