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La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

Mélenchon à Clermont-Ferrand : "Je m'attendais à du monde, mais pas autant", la ferveur des militants du candidat insoumis qui a fait salle comble pour son meeting - Dimanche 11 octobre 2026

Mélenchon à Clermont-Ferrand : "Je m'attendais à du monde, mais pas autant", la ferveur des militants du candidat insoumis qui a fait salle comble pour son meeting

 

 
 

Ce dimanche 11 octobre, Jean-Luc Mélenchon est attendu au Zénith d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand, pour un meeting de campagne qui s’annonce comme un temps fort pour La France insoumise dans le Puy-de-Dôme. Militants mobilisés, jeunesse engagée et espoir d’une victoire à la présidentielle en 2027 : les Insoumis affichent leurs ambitions.

La France insoumise entend faire du meeting de Jean-Luc Mélenchon, organisé ce dimanche 11 octobre à 15 heures au Zénith d’Auvergne, bien plus qu’un simple lancement de campagne. Dans le Puy-de-Dôme, les Insoumis espèrent transformer cette rencontre en démonstration de leur ancrage local et de leur capacité à mobiliser en vue de l’élection présidentielle de 2027. « On espère que ce sera une démonstration de force, mais aussi une démonstration de prise de conscience, notamment de la part des jeunes », explique Myriam Royer, étudiante à l’Université Clermont Auvergne (UCA).

À ses yeux, la progression de La France insoumise auprès des nouvelles générations s’explique notamment par sa capacité à prendre en compte leurs difficultés : « Je pense que c’est un parti politique qui sait voir la problématique des jeunes, que ce soit des lycéens ou des étudiants. » Pour la jeune militante, le choix de Clermont-Ferrand revêt également une dimension symbolique. « On est au centre de la France et pourtant on est très délaissé, mis de côté, que ce soit par les réseaux ferroviaires ou tout le reste », souligne-t-elle, évoquant aussi le patrimoine historique et naturel de la ville. « C’est extrêmement important de la part de la France insoumise de montrer qu’ils sont là pour tout le monde. »

Un message que les responsables locaux souhaitent précisément porter à l’occasion de ce rendez-vous. Pour Aliaume Couchard, conseiller municipal insoumis à Clermont-Ferrand, le territoire dispose déjà d’une base militante solide : « C’est un territoire dans lequel il y a des équipes constituées qui sont très fortes et très dynamiques, avec des belles progressions. »

100 000 tracts distribués et l’espoir de réunir plus de 10 000 personnes

Sur le terrain, la mobilisation se prépare depuis plusieurs semaines. La France insoumise affirme avoir multiplié les opérations de tractage et les rencontres avec les habitants pour attirer un public nombreux au Zénith d’Auvergne. « On attend beaucoup de monde. Je ne peux pas vous donner un chiffre précis mais, à mon avis, au moins 10 000 personnes. Ce sera même sans doute plus », avance Aliaume Couchard. Selon le conseiller municipal, près de 100 000 tracts ont été distribués dans l’ensemble du département, tandis que des dizaines d’actions de porte-à-porte ont été organisées et que les militants ont investi les marchés. « On est à pied d’œuvre depuis fin août et je suis sûr et certain que ça portera ses fruits », assure-t-il, convaincu que cette présence de proximité peut se traduire dans les urnes.

« Notre force vient du terrain », confirme Myriam Royer. « Chaque semaine, il y a des nouvelles personnes qui s’engagent dans nos groupes d’actualité, plus ou moins jeunes d’ailleurs. » Au-delà des chiffres avancés par les organisateurs, les militants disent percevoir des signes d’ouverture dans des secteurs où le mouvement estime traditionnellement rencontrer davantage de difficultés. C’est notamment le constat d’Enguerran Massis, conseiller municipal Insoumis à Issoire. Pour lui, Clermont-Ferrand constitue un choix pertinent pour lancer cette séquence de campagne, précisément parce que la ville s’inscrit dans une région dont l’identité ne se résume pas aux grandes métropoles. « C’est une ville qui a une longue tradition ouvrière, une longue tradition de lutte sociale », rappelle-t-il. « Organiser un meeting de lancement de campagne dans une région agricole, je pense que c’est un signal assez fort qui est envoyé. »

L’élu assure également observer une évolution des échanges avec les habitants d’Issoire, une ville qu’il décrit comme « plutôt à droite ». « Quand on va diffuser des tracts sur les marchés, on sent que même les gens qui ne sont pas d’accord avec nous, nous parlent différemment. Il y a beaucoup moins de rejet, de caricature anti-LFI qu’il y avait. »

Gabriel Attal à Lyon, Mélenchon à Clermont : un défi politique

Le rendez-vous auvergnat s’inscrit aussi dans une séquence politique que les Insoumis entendent mettre à profit. Aliaume Couchard fait ainsi le lien avec le meeting de Gabriel Attal organisé du côté de Lyon : « Gabriel Attal fait un meeting du côté de Lyon et a lancé une forme de défi à la France insoumise et le défi est relevé ! »

Le responsable local espère que le rassemblement clermontois permettra de montrer l’étendue de la mobilisation autour de Jean-Luc Mélenchon. Interrogé sur la possibilité de faire aussi bien, voire mieux, que le meeting de Saint-Denis, il se montre confiant : « Je pense qu’on pourra faire aussi bien, voire peut-être mieux malgré les contraintes de l’espace. » Il insiste toutefois sur la nécessité de respecter les jauges et les consignes de sécurité. Pour lui, l’enjeu dépasse la comparaison entre deux rassemblements : « Ce dont je suis sûr, c’est que les meetings ne feront que monter en puissance tout au long de la campagne. Il y a une adhésion forte qui se manifeste dans la participation aux meetings et aux réunions publiques. »

Le conseiller municipal évoque également un contexte politique tendu, sans vouloir céder à l’inquiétude : « On n’est pas inquiet, on est juste normalement vigilant. C’est sûr qu’il y a tout un tas d’acteurs politiques qui nous mettent régulièrement des cibles dans le dos, mais ça ne nous empêchera pas de faire campagne. »

Une mobilisation qui ne se limiterait pas aux jeunes

Si la jeunesse constitue un public important pour La France insoumise, ses militants veulent aussi dépasser l’image d’un mouvement essentiellement étudiant ou urbain. « Nous sommes un mouvement qui est très implanté dans la jeunesse, mais cette image-là d’un mouvement qui serait exclusivement jeune, c’est quelque chose, je pense, qui est assez faux », estime Enguerran Massis. Il dit avoir été frappé par la diversité du public lors d’un précédent meeting organisé à la fin des universités d’été du mouvement.

Myriam Royer, elle, voit dans l’engagement des jeunes un signe d’une prise de conscience plus large. Elle attend du mouvement qu’il continue à porter leurs préoccupations et à faire entendre les difficultés quotidiennes des Français. « Ce que j’attends, c’est qu’il tienne ses promesses, même si je pense qu’il n’a plus rien à prouver à ce niveau », affirme-t-elle à propos de Jean-Luc Mélenchon. Elle salue également sa capacité à se remettre en question, une qualité qu’elle juge trop rare dans la vie politique.

Son attente est claire : « J’attends que la France insoumise continue comme ça et de voir nos politiciens de gauche venir sur le terrain, venir nous défendre. » Dans un contexte qu’elle juge difficile pour les Français, elle résume : « Moi, ce que j’attends, c’est vraiment d’être entendue par les politiques. Je veux avoir de l’espoir, quelque chose que les Français n’ont plus depuis très longtemps, qu’on puisse continuer d’espérer avoir mieux, vivre mieux. »

Palestine, Ukraine, services publics : les attentes autour du discours de Mélenchon

Pour les militants, ce meeting devrait aussi être l’occasion de revenir sur les grandes questions nationales et internationales. Alain Bidet, militant Insoumis dans le Puy-de-Dôme, y voit un rendez-vous particulièrement important au regard de l’actualité. « Ce sera un moment important parce qu’on est dans un contexte, à la fois international et national, particulièrement chargé », explique-t-il. Il s’attend notamment à ce que Jean-Luc Mélenchon évoque les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, citant la Cisjordanie, la Palestine et le Liban parmi les territoires touchés par les destructions et les violences. « Ce que dit Jean-Luc Mélenchon, c’est qu’à travers ça, il faut quand même lancer un appel à la paix », poursuit-il.

Sur le plan intérieur, le militant attend également une prise de parole sur les revendications des lycéens, la dégradation des services publics et la situation de l’Éducation nationale. Il souhaite que le leader insoumis revienne sur les mouvements sociaux et sur la manière dont ils sont présentés dans le débat public.

À ses yeux, La France insoumise doit être considérée comme un relais politique de revendications exprimées dans la société. « Ce n’est pas non plus l’instigateur, mais c’est simplement un relais, un porte-parole politique d’une expression et d’une volonté sociale », avance-t-il. Ces sujets pourraient ainsi donner au meeting une portée qui dépasse les enjeux électoraux locaux, en inscrivant la campagne dans les débats qui traversent actuellement la société française.

« J’espère que ça va être le début d’une campagne qui va nous mener à la victoire en 2027 »

Derrière les attentes liées à la mobilisation et au discours de Jean-Luc Mélenchon, les militants interrogés affichent un objectif commun : faire de cette campagne une étape vers une victoire présidentielle. Alain Bidet estime que le leader Insoumis bénéficie d’une dynamique favorable dans l’opinion. « Il gagne auprès de l’opinion publique, ça c’est très certain, au fil du temps, au fil des déclarations, au fil du contexte et bien évidemment je pense qu’il peut gagner », affirme-t-il.

Le militant se montre également critique envers les projections électorales et les annonces de victoire du Rassemblement national. « Il n’y a aucune raison qu’on se fie aux sondages. Moi, je me fie davantage à la raison. Il faut que ce monde change, il faut que la politique change et je pense que la France insoumise est quand même un des plus grands moteurs de cette volonté de changement. »

Même lorsqu’il évoque ses propres défaites électorales, Alain Bidet refuse d’y voir un échec définitif. « Est-ce que l’on perd d’avoir diffusé des idées, d’avoir contrecarré d’autres idées qu’on considère comme assez nauséabondes pour certaines ? C’est une victoire que de prendre la parole, de dénoncer ce qui se passe et surtout de faire des propositions. » Pour Aliaume Couchard, l’ambition est tout aussi explicite : « Ce que j’espère pour cette campagne, c’est qu’elle porte Jean-Luc Mélenchon à l’Élysée et que nous remporterons les élections présidentielles. Je ne fais pas que le souhaiter, je pense que c’est possible. »

Enguerran Massis partage cet horizon : « On espère que ça va être le début d’une campagne qui va nous mener à la victoire en 2027. » Reste désormais à mesurer la capacité des Insoumis à transformer leurs espoirs en mobilisation réelle. Ce dimanche 11 octobre, à 15 heures, le Zénith d’Auvergne sera le premier test grandeur nature de leurs ambitions dans le Puy-de-Dôme.

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