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La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

Marianne : La non-idole des jeunes...Vendredi 30 octobre 2026

 

Bonjour et bienvenue dans votre nouveau rendez-vous politique 🤩

Campagne présidentielle oblige, Marianne met sa newsletter au goût du jour. Infos exclusives, points de vue originaux et humour décapant seront au rendez-vous chaque vendredi matin.

Par Maël Jouan, Aurore Malval, Hadrien Mathoux, Louis Nadau et Edouard Roux
 
LA COURSE DE PETITS CHEVAUX 🐴
Lisnard vs Retailleau, la bataille à droite

À l'ombre de Marine Le Pen, qui prépare déjà sa campagne de second tour puisqu'elle caracole à plus de 30% dans les sondages d'opinion, encore loin derrière Jean-Luc Mélenchon, qui espère plier le match à gauche, mais de plus en plus proche d'un bloc central en pleine capitolade, se joue un drôle de match à droite : Bruno Retailleau contre David Lisnard. 

 Le Vendéen et le maire de Cannes veulent tous les deux réduire drastiquement les dépenses publiques, ils s'accordent pour organiser un référendum sur l'immigration et ont longtemps fait parti du même parti, LR, que le premier préside tandis que le second l'a quitté pour fonder sa propre boutique, Nouvelle Énergie. Mais derrière cette proximité idéologique, et une bonne entente personnelle, se profile une différence de style radicale : à Retailleau le conservatisme tranquille de la bourgeoisie traditionnelle et l'expérience du gouvernement, un an et 21 jours place Beauvau ; à Lisnard, la fougue de l'entrepreneur libéral et la fraîcheur de l'homme nouveau. Trois quarts des Français affirment aujourd'hui le connaître, c'était seulement un tiers avant l'été. 

 Un souffle semble porter le fringant quinquagénaire, qui est parvenu, à la surprise générale, à doubler Bruno Retailleau dans certains sondages. Les deux hommes émargent entre 6,5 et 9% des intentions de vote, et ne se présenteront pas l'un contre l'autre au premier tour, assure Robert Ménard, qui les a réunis autour d'un déjeuner le 21 octobre à Paris. Reste à savoir lequel finira par se ranger au service du mieux placé, et quand.
 

👉 Lire aussi notre portrait crashé de David Lisnard.

 
 
 
 
 
 
L'INFO PASSÉE INAPERÇUE

Autonomie de la Corse ? On verra plus tard
« Nous nous retirons du processus de Beauvau ». C’est en ces mots que les autonomistes corses, menés tambour battant par le maire de Bastia, Gilles Simeoni, ont décidé de quitter le Sénat, et donc les négociations sur le texte de loi relatif à l’autonomie de la Corse. Un texte bancal, selon le Conseil d’Etat, notamment sur le terme de « communauté », mais aussi le « statut de résident », qui a toutefois reçu l’approbation de l’Assemblée nationale.

Lors des micros tendus, Gilles Simeoni et ses amis autonomisto-indépendantistes n’ont pas caché leur amertume face aux sénateurs de droite, à l’instar de Francis Szpiner qui a défendu le centralisme français et expliqué que le terme de « communauté » constituerait, de fait, une introduction du communautarisme. Les élus locaux de droite en ont aussi pris pour leur grade, eux qui se battent contre cette « autonomisme » aux accents indépendantistes. Sur les réseaux sociaux, il n’est pas rare de lire des tombereaux de haine contre ces élus corses, assimilés à des collabos, tandis que ceux « du continent » sont dépeints en « colons » ; certains internautes appellent aussi à « mettre le feu ». Une bien belle image que celle renvoyée par les autonomistes. Après cette défaite cinglante, voilà qu’ils veulent un référendum sur l'île : chiche...si cela se déroule démocratiquement !

👉 Lire aussi notre grande enquête sur Gilles Simeoni, cet ami Corse de la France qui lui veut du mal
 
LE CHIFFRE QUI (LE) CHIFFONNE : 4
Glucksmann, non-idole des jeunes 
 
(Claire SERIE/HansLucas via AFP)
C’est le pourcentage d’intentions de vote chez les 18-24 ans en faveur de Raphaël Glucksmann selon un sondage Ifop-Cevipof pour Le Monde en septembre dernier. Dans cette même étude, Jean-Luc Mélenchon est crédité de 42 %. Une dégringolade pour le fondateur de Place publique, lequel fut un temps très populaire chez les jeunes, notamment sur Instagram où ses stories alertant sur le génocide chinois des Ouïghours rencontraient un grand succès. Las, ceux qui partageaient hier, ricanent aujourd’hui. Alors sur RTL, lundi 26 octobre, le vainqueur de la primaire PS-Place Publique a jugé qu’il y avait « un enjeu de radicalité » et qu’il fallait que « la sociale-démocratie sorte de sa mollesse » – ainsi a-t-il été décidé d’annoncer la proposition de régularisation de 300 000 travailleurs sans papiers. 

Problème, La France insoumise s’est déjà positionnée – et depuis longtemps – sur toutes les thématiques qui mobilisent largement la jeunesse de gauche, des inégalités sociales, raciales et de genre, à la crise climatique, en passant par la situation à Gaza que Raphaël Glucksmann refuse de qualifier de « génocide ». Un retard difficile à rattraper, d’autant que le candidat soc'-dem' s’est tenu éloigné du mouvement lycéen (considérant que sa place n’était pas dans la rue) tout comme de la mobilisation sociale. Un choix en partie contraint : chaque sortie « sur le terrain » de Raphaël Glucksmann fait l’objet de réactions hostiles, qu’il attribue essentiellement à « une campagne de harcèlement orchestrée par la France insoumise ».

Pour le candidat PS-Place publique, taper matin, midi et soir sur LFI comporte à la fois un risque et un avantage. Le premier étant que le programme de la gauche sociale démocrate ne se résume à son opposition frontale à LFI ; le second, qu’il ouvre son espace politique au centre, où le rejet des insoumis est viscéral. Mais n’est-il pas encore un peu tôt pour se tourner vers sa droite ?
 

 

LE DESSIN
 
 
 
 
Le Portrait Chinois 🎨
Si Gabriel Attal était...

• Un personnage de BD : le Petit Nicolas

• Un pays (sauf la France) : le Liechtenstein

• Un dessert : un mochi

• Un jeu : le Monopoly

• Une chanson : Si j’avais un marteau

• Un animal : le castor (du premier tour)

• Un fleuve : le fleuve “démocratique” (de François Bayrou) (qui coule entre LFI et le RN)

• Un livre : L’homme pressé

• Un alcool : le Coca cola

• Un film : Chacun cherche son chat

• Un sport : le triple saut (en arrière dans les sondages)

• Une couleur : le bleu (UMP)

• Un événement historique : On a marché sur la lune
 
IL AURAIT MIEUX FAIT DE SE TAIRE 🤫
Attal redouble sa primaire
L’ancien Premier ministre, aujourd’hui candidat à la présidentielle, Gabriel Attal, a eu la riche idée de proposer une « primaire démocratique », allant de Raphaël Glucksmann à  Bruno Retailleau, en passant par Édouard Philippe. À la peine dans les sondages, en dégringolade dans les enquêtes d’opinion, le trentenaire mise tout sur le « bloc central », le seul capable de « faire barrage » à Marine Le Pen et d’endiguer la dynamique insoumise.

Une vieille rengaine qui n’est pas du goût de la droite, qui plus est lorsque le nom de Raphaël Glucksmann est annoncé dans la liste des candidats de cette « primaire démocratique ». Sur le plateau de BFM, l’ancien député Patrick Vignal, aujourd’hui conseiller de la campagne de Gabriel Attal, a défendu ce projet, face au vice-président LR, Julien Aubert. « Si c’est Bruno Retailleau qui gagne, je vous assure que j’irai coller des affiches pour lui ! », s’est-il notamment exclamé. Réponse d’Aubert : jamais il ne collera la moindre affiche pour Raphaël Glucksmann, ou pour un autre candidat qui n’est pas de sa famille politique. De quoi refroidir les ardeurs de l’équipe de Gabriel Attal, laquelle ne sait plus à quel saint se vouer. Après le naufrage de son opération « 1000 bistrots », des sorties médiatiques hasardeuses, mais surtout ses années (et donc son bilan) au gouvernement, nul doute que cette énième initiative le fera remonter dans les sondages !
 
 
 
 
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