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À l'ombre de Marine Le Pen, qui prépare déjà sa campagne de second tour puisqu'elle caracole à plus de 30% dans les sondages d'opinion, encore loin derrière Jean-Luc Mélenchon, qui espère plier le match à gauche, mais de plus en plus proche d'un bloc central en pleine capitolade, se joue un drôle de match à droite : Bruno Retailleau contre David Lisnard.
Le Vendéen et le maire de Cannes veulent tous les deux réduire drastiquement les dépenses publiques, ils s'accordent pour organiser un référendum sur l'immigration et ont longtemps fait parti du même parti, LR, que le premier préside tandis que le second l'a quitté pour fonder sa propre boutique, Nouvelle Énergie. Mais derrière cette proximité idéologique, et une bonne entente personnelle, se profile une différence de style radicale : à Retailleau le conservatisme tranquille de la bourgeoisie traditionnelle et l'expérience du gouvernement, un an et 21 jours place Beauvau ; à Lisnard, la fougue de l'entrepreneur libéral et la fraîcheur de l'homme nouveau. Trois quarts des Français affirment aujourd'hui le connaître, c'était seulement un tiers avant l'été.
Un souffle semble porter le fringant quinquagénaire, qui est parvenu, à la surprise générale, à doubler Bruno Retailleau dans certains sondages. Les deux hommes émargent entre 6,5 et 9% des intentions de vote, et ne se présenteront pas l'un contre l'autre au premier tour, assure Robert Ménard, qui les a réunis autour d'un déjeuner le 21 octobre à Paris. Reste à savoir lequel finira par se ranger au service du mieux placé, et quand.
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