AU PROGRAMME «Les divisions font rarement des additions», euphémisait un candidat aux sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, avant le résultat des urnes. Dimanche, c’est le RN local qui a tiré profit de la multiplicité des listes – neuf au total, un record – en obtenant deux sièges à la Haute assemblée, soit plus que ce que son contingent de grands électeurs pouvait lui laisser espérer. La faute aux listes dissidentes LR, a pesté Renaud Muselier. Le désormais ex-président de la région Paca a lui-même été élu sur le fil, devançant de seulement vingt-cinq voix le sénateur sortant ex-RN Stéphane Ravier. La gauche, elle, conserve ses trois sénateurs.
Cela fait plusieurs mois maintenant que les équipes de première ligne ont tiré la sonnette d’alarme : le crack gagne du terrain dans le centre-ville marseillais et les associations ne peuvent plus suivre. Réunies sous la bannière de Tempo, elles ont envoyé aux pouvoirs publics des propositions et réclament une «mobilisation exceptionnelle» pour tenter de contenir le phénomène tant qu’il est encore temps.
La visite est symbolique, mais les rescapés de la rafle du Vieux-Port et leurs descendants l’attendaient depuis des décennies : mercredi, des représentants du Parquet national antiterroriste sont venus à Marseille acter la légitimité de leur plainte pour «crime contre l’humanité». En janvier 1943, près de 20 000 personnes avaient été arrêtées puis internées à Fréjus, dans le Var, avant que l’armée allemande ne dynamite le quartier Saint-Jean. Si, à défaut de responsable toujours vivant, le procès n’aura jamais lieu, la reconnaissance de la légitimité de leur démarche est une étape capitale pour le collectif à l’origine de l’action en justice. Ils attendent désormais une parole du chef de l’Etat, et surtout la transmission de cet épisode tragique, largement occulté dans les livres d’histoire.