Colère. Les 8 000 à 15 000 personnes – respectivement selon la police et les manifestants – qui se sont rassemblées samedi dans l’Eure devant une usine du géant de l’agrochimie Syngenta contre les pesticides de synthèse n’avaient que ce mot à la bouche. Et il y a de quoi. Surtout pour les nombreux malades présents, reconnus par le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP), mais abandonnés par ailleurs. Car au niveau national comme au niveau européen, les reculs en matière de protection de la santé et de l’environnement face à ces substances souvent toxiques sont légion ces derniers mois.
En France, les lois Duplomb et d’urgence agricole ont réautorisé des pesticides qui avaient été interdits. Et selon un décompte de Libé, jamais le pays n’avait accordé autant de dérogations que cette année pour permettre l’utilisation de molécules non autorisées. A Bruxelles, ce n’est guère mieux. L’omnibus pesticides, en cours de négociation au Parlement européen, propose de dérouler le tapis rouge aux fabricants de «produits phytosanitaires» : il vise notamment à accorder des approbations illimitées à un grand nombre de pesticides dans l’UE. Une aubaine pour l’agrobusiness, et tant pis pour notre santé à tous.
De nouvelles mobilisations «pour dire non aux pesticides à vie» dans l’UE doivent avoir lieu partout en France samedi 10 et dimanche 11 octobre, à l’appel de plus de 100 organisations. Le coup d’envoi de la mobilisation «Octobre colère» est donné. Pas du tout certain, en revanche, que cette colère soit entendue par des ministres, parlementaires et autres responsables politiques qui n’ont, eux, à la bouche que les éléments de langage de l’agro-industrie. 