La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social
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Cinq mille interpellations en une semaine, des tirs de LBD sur des adolescents, un garçon de 16 ans éborgné. Et le débat du jour, sur les plateaux de ceux qui possèdent les antennes, porte sur la question de savoir s’il faut couper les réseaux sociaux. Quand le pouvoir fabrique la colère, puis cherche le coupable ailleurs que dans son bilan, il ne reste qu’une chose à faire : regarder qui a intérêt à ce que vous regardiez ailleurs.
« On ne tire pas sur les enfants avec un LBD. Y a pas de débat. » La phrase d’Olivier Faure devrait être une évidence de civilisation ; elle sonne comme une audace. Un lycéen éborgné, un autre sans dents, une lycéenne étranglée, 170 élèves blessés et 600 membres des forces de l’ordre : voilà l’ultra-violence d’un État macroniste en faillite, qui n’a plus que le bâton pour masquer l’absence de réponse. À Belfort, un lycéen interpellé affirme avoir eu la tête sous l’eau et porte plainte pour tentative de meurtre contre le policier. Le procureur répond en conférence de presse en détaillant, avec une minutie de géomètre, les 19 centimètres d’eau du ruisseau. Dix-neuf centimètres : l’argument tient sur une règle graduée, et c’est tout ce que la justice a trouvé pour classer la question. Puis circule cette vidéo où un casseur cagoulé est identifié comme un policier. Cinq mille arrestations en une semaine, et personne sur les plateaux pour demander ce que c’est que ce bordel.
17:53 — « On ne tire pas sur des enfants » : la répression des lycéens
26:17 — Le procureur de Belfort et ses 19 centimètres d’eau
1:05:53 — 5 000 arrestations en une semaine : la répression des lycéens
Le gouvernement ouvre une plateforme de doléances d’une main et réprime de l’autre, pendant que les médias de milliardaires lancent le « débat » sur l’interdiction des réseaux aux mineurs. Le mécanisme est limpide : on pousse la rue à bout, puis on invoque le désordre pour justifier l’exception. Fabrice Epelboin le rappelle sur le plateau : le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État tiennent cette mesure pour contraire à l’État de droit. Mais le vrai projet est ailleurs, dans un contrôle d’identité à l’entrée des réseaux, qui étoufferait l’information indépendante, la seule qui n’appartient à personne dans ce pays. La Nouvelle-Calédonie, Gaza, la Cisjordanie, puis la France : on teste là-bas ce qu’on finit par appliquer ici. Et pendant que ces gens préparent leurs lois d’exception, l’un des « lycéens » invités sur France Info et BFM s’est révélé être un militant de la campagne de Gabriel Attal. « On ne coupe pas les réseaux sociaux. On fait ça quand on est en dictature. »
23:11 — Couper les réseaux sociaux ? Le faux lycéen militant d’Attal
36:41 — Couper les réseaux sociaux : Epelboin invoque l’État de droit
1:13:16 — Interdire les réseaux sociaux : la Nouvelle-Calédonie comme laboratoire
1:43:36 — Limiter les réseaux sociaux : la crise de la propagande
Faites le calcul de l’opération « 1 000 bistrots » de Gabriel Attal : 17 221 participants divisés par 1 013 établissements, cela donne 17 personnes par bistrot. Voilà le candidat qui appelle à un rassemblement « de la droite à la gauche ». Ségolène Royal, elle, parle vrai : Glucksmann, faute d’avoir réussi son parti, tenterait un hold-up sur le PS pour s’allier ensuite à la droite. Ce que je reproche à Raphaël Glucksmann est d’un autre ordre, et je l’assume : une Europe-puissance qui sert d’abord les Allemands et les Américains, une ligne pro-Washington, pro-Bruxelles, atlantiste de bout en bout. L’accusation que je porte contre lui, c’est qu’il mène là une opération d’ingérence étrangère au sens politique du terme. Au débat de la primaire, il a esquivé sur l’Ukraine et sur la guerre, pendant que Jérôme Guedj invoquait la « dignité » et qu’Olivier Faure bricolait sur l’alliance avec LFI. Il reste à savoir pourquoi le PS ne l’attaque pas sur le fond.
4:18 — Cocktails Molotov au calvados vanille et 1 000 bistrots d’Attal
10:00 — Ce que Poulin reproche à Glucksmann sur la puissance européenne
14:19 — Royal accuse Glucksmann de « hold-up » sur le Parti socialiste
45:13 — Primaire PS : Glucksmann, Guedj et « le programme »
1:53:00 — Glucksmann, Attal : l’« extrême centre » que Poulin étrille
Dominique Moïsi flaire une puissance étrangère derrière les cortèges lycéens. Il y a mieux : cette puissance s’appelle Emmanuel Macron et le macronisme. Chercher Moscou dans les rues est un moyen très pratique d’éviter de lire les chiffres : 5,5 millions de personnes en grande pauvreté, soit 37 % de plus qu’en 2018. Sébastien Lecornu écrit à ses ministres pour promettre fermeté, compréhension, consultation en ligne, policiers à l’entrée des lycées, et pas un euro. Les milliards, eux, vont ailleurs : Friedrich Merz en promet de nouveaux à l’Ukraine, tandis que ceux qui seraient envoyés se battre contre la Russie, ce sont les gamins qui sont dans la rue aujourd’hui. Un système qui sacrifie sa jeunesse sur tous les tableaux, et qui s’étonne qu’elle ne se laisse pas faire.
58:47 — Moïsi voit les Russes derrière les lycéens, Lecornu écrit aux ministres
1:27:14 — Grande pauvreté en hausse de 37 % en France depuis 2018
1:37:46 — Merz, Macron : des milliards pour l’Ukraine, la colère dans la rue
On ne coupe pas Internet pour apaiser un pays : on le coupe quand on n’a plus rien à répondre à ce qu’il dit. Cent jours d’apaisement, avait-on promis ; regardez qui a choisi l’affrontement.
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Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle au Brésil, devant le président sortant de gauche Lula, qu’il affrontera au second tour le 25 octobre.
Après dépouillement des urnes, le fils de l’ex-chef de l’Etat d’extrême droite Jair Bolsonaro, âgé de 45 ans, obtient plus de 47% des suffrages, contre près de 45% pour Lula, 80 ans.
Le président sortant a admis que ce résultat était “inattendu”, mais s’est dit confiant. “Le match va commencer. Nous sommes dans les prolongations, et c’est là que nous allons convaincre le peuple brésilien”, a-t-il affirmé, lors d’un discours à Sao Paulo peu après la fin du dépouillement.
De son côté, Flavio Bolsonaro s’est dit “très satisfait” du résultat et confiant dans une victoire, lors d’un discours à Brasilia. Il a remercié ses électeurs de lui avoir donné “un vote de confiance pour le changement”, jugeant que “le Brésil n’en peut plus”.
Si le bolsonarisme l'emporte au Brésil, l'Amérique latine confirmera son virage vers la droite et l'extrême droite. L'Argentine avec Javier Milei, le Chili avec José Antonio Kast, la Colombie avec Abelardo de la Espriella... Les mouvements ultraconservateurs et d'extrême droite ont gagné un vaste terrain dans la région, sous l'œil satisfait de Donald Trump.
Le spectre de tentatives d’ingérences américaines est d’ailleurs devenu un sujet clé de la campagne. L’administration Trump dément tout projet d’interférence dans le scrutin. Les autorités brésiliennes ont toutefois refusé la venue de responsables américains cet été, craignant une mise en cause du système électoral au Brésil, pourtant largement reconnu.
Au-delà des peurs d’ingérence, du coût de la vie et des questions de sécurité, une série de scandales est venue rythmer la campagne. Courant septembre, électeurs et médias brésiliens ont appris qu’une enquête pour corruption visait Flavio Bolsonaro, en lien avec le “financement de la production” de Dark Horse, film biographique sur son père. Le sénateur a convenu au printemps avoir demandé et reçu plusieurs millions d’euros du banquier Daniel Vorcaro pour ce biopic, dans le cadre d’un “financement privé”. Or, cet homme d’affaires arrêté l’an dernier est au cœur d’un immense scandale financier.
L’affaire impliquant Daniel Vorcaro, dans son ampleur, touche également la Cour suprême. L’un de ses juges, André Mendonça, a rendu publiques des révélations sur des messages de Daniel Vorcaro à un numéro attribué à Alexandre de Moraes, autre juge de l’institution. Dans ces échanges, le banquier demande de l’aide au magistrat, visiblement au sujet de l’enquête le visant. Alexandre de Moraes, qui a été rapporteur du procès de Jair Bolsonaro, est la bête noire du camp bolsonariste.
En pleine crise de la Cour suprême, les élections sénatoriales seront aussi suivies de près. Au Brésil, les sénateurs ont en effet le pouvoir d'approuver la nomination de ses juges.
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Le Premier ministre Sébastien Lecornu, a adressé à ses ministres une feuille de route de “cinq chantiers” et demande “des décisions avant la fin du mois” face au mouvement de blocage des lycées. Il demande également que les cours reprennent “partout” où les conditions de sécurité le permettent.
Le chef du gouvernement demande notamment le lancement dans chaque académie dès cette semaine d'un “traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus”, avec un premier bilan attendu le 16 octobre.
Il convoque également mardi une réunion avec les présidents de région sur la rénovation des établissements scolaires et réclame à ses ministres de premières propositions d'améliorations de Parcoursup d'ici à la fin octobre.
Les cours sont “totalement ou partiellement” suspendus dans “400 à 500” lycées sur les 3 700 que compte le pays, a affirmé Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale. Plus d’un tiers des lycées franciliens seront notamment fermés, soit plus de 160 établissements, a précisé quelques heures plus tard la présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.
Les fermetures interviennent lorsque “les conditions de sécurité ne sont pas remplies”, soit pour des raisons matérielles, soit parce que des membres du personnel “ont été directement visés”, a expliqué Edouard Geffray sur France 2 et France Inter, dans un contexte de durcissement du mouvement lycéen. Le ministre de l’Education nationale a par ailleurs a dénoncé l’infiltration du mouvement lycéen par “des militants notamment d’ultragauche”. Il a déploré “78 personnels” de l’éducation nationale blessés “depuis le début des événements”.
Commencé le 17 septembre dans la région parisienne, le mouvement de protestation et de blocus des lycéens s’est progressivement étendu à tout le territoire et s’est enflammé dans de nombreuses villes de France. La journée de vendredi a été marquée par des tensions et plus de 1 700 interpellations, pour 5 000 au total depuis lundi dernier. Les organisateurs appellent à la poursuite de la mobilisation faute de “mesures concrètes”.
Manuel Bompard évoque une “responsabilité de pourrissement” du gouvernement. “Il y a une responsabilité de pourrissement, d'escalade, qui a été la stratégie du gouvernement et qui, malheureusement, s'est traduit par des scènes de tensions”, estime le député et coordinateur de La France insoumise.
Laurent Nuñez réfute toute action “disproportionnée” des policiers. Policiers et gendarmes “interviennent avec fermeté et sans délai pour faire cesser les dégradations, violences, exactions commises par les fauteurs de troubles et ce avec proportionnalité sous le contrôle de leur hiérarchie et le cas échéant de la Justice”, a affirmé le ministre de l’Intérieur sur X, répondant au syndicat de la magistrature qui a appelé à cesser “de réprimer la jeunesse pour la faire taire”.
“Nous ne connaissons pas encore vraiment son pronostic vital et nous pourrions ne pas le connaître pendant plusieurs jours.” Christa Pike, condamnée à mort qui a survécu à deux injections létales dans le Tennessee, se trouvait toujours dans un état critique et sous assistance respiratoire, a affirmé sur CNN un de ses avocats, Stephen Ferrell.
Il a précisé ne pas avoir pu rendre visite à sa cliente, âgée de 50 ans, à l'hôpital où les médecins tentent toujours de retirer de son organisme les deux doses de pentobarbital, un puissant barbiturique, qui lui ont été administrées. Stephen Ferrell a de nouveau appelé le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, à commuer la peine de la condamnée, estimant qu'elle a subi du fait de cette exécution ratée “une grave torture mentale et physique”.
Le gouverneur, qui a ordonné la suspension des exécutions dans l’Etat et une enquête indépendante sur les événements, a annoncé avoir accepté la démission du chel de l’administration pénitentiaire du Tennessee. Celle-ci a affirmé avoir suivi à la lettre le protocole adopté depuis la reprise des exécutions dans l’Etat en mai 2025, après un moratoire de trois ans en raison de défaillances dans la vérification de la solution mortelle administrée à un condamné à mort.
Christa Pike devait être la première femme mise à mort depuis plus de deux cents ans au Tennessee. L’exécution ratée a relancé les interrogations sur l’application de la peine capitale aux Etats-Unis.
Les soutiens de Raphaël Glucksmann ont fermé la porte à la proposition de Gabriel Attal de former une “grande coalition” en vue de l’élection présidentielle. Dans un entretien au Parisien, le candidat Renaissance a plaidé pour une alliance visant à rassembler les électeurs “de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine”, afin d'éviter un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au second tour.
“Les Français attendent une rupture totale avec les dix dernières années, nous la mènerons avec nos camarades écologistes et communistes”, a répondu le patron des députés PS, Boris Vallaud, sur X. “Même pas en rêve”, a renchéri le sénateur écologiste Yannick Jadot sur le même réseau social, lui aussi soutien du candidat Place publique.
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