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Activer la colonne latérale 30 octobre 2026 L’IA selon moi : le plus grand pari de l’histoire américaine se heurte au mur du réel
L’IA selon Bruno Bertez : le plus grand pari de l’histoire américaine se heurte au mur du réel En octobre 2026, Bruno Bertez a consacré une série dense d’articles et d’éditoriaux sur brunobertez.com à l’intelligence artificielle. Loin de l’enthousiasme ambiant, il y voit le dernier et le plus coûteux levier utilisé pour tenter de compenser l’érosion structurelle de la profitabilité réelle du capital. Les textes convergent autour de quelques constats : des engagements financiers vertigineux, un écart massif entre dépenses et revenus, une concentration extrême des gains chez une poignée d’acteurs, et des signaux de marché (actions et crédit) qui se détériorent. Voici une synthèse claire et ordonnée de cette production. Un écart abyssal entre investissements et revenus. Le cœur de l’analyse porte sur l’impossibilité apparente de rentabiliser les infrastructures engagées. Dans L’IA si elle tenait ses promesses serait un ogre qui engloutirait toute l’économie ! (6 octobre), Bertez reprend les calculs de Stijn Van Nieuwerburgh (Columbia) et du Wall Street Journal : pour justifier les sommes déjà engagées, les revenus des services d’IA devraient atteindre environ 3 500 milliards de dollars en 2032, soit près de 9 % du PIB américain. L’investissement cumulé entre 2025 et 2032 dépasserait 10 000 milliards de dollars (en moyenne 3,6 % du PIB par an), un rythme supérieur aux grands booms historiques (chemins de fer, autoroutes, électrification ou fibre optique). Deux jours plus tard, dans L’IA promet de tout transformer. Surtout elle transformera les bénéfices en pertes ! (8 octobre), il précise que, pour l’instant, les profits sont captés quasi exclusivement par les fabricants de puces. Le reste de l’économie ne voit pas de rendement. Les hypothèses retenues (marge de cash-flow de 50 % et rendement non levier de 10 %) rendent le scénario extrêmement exigeant. Ce diagnostic s’inscrit dans un cadre plus large. Dans l’éditorial La profitabilité réelle du capital et le pari de l’infrastructure IA. Le système joue sa survie ! (3 octobre), Bertez rappelle que l’IA constitue la tentative la plus coûteuse pour dépasser l’érosion du taux de profit du capital productif. Une part croissante du financement passe désormais par de la dette et des engagements hors bilan plutôt que par des cash-flows. Concentration extrême et absence de payoff hors Big Tech Les gains restent pour l’instant ultra-concentrés. Dans L’IA se cogne contre le mur, car miser n’est pas gagner ! (26 octobre), Bertez s’appuie sur une note de Torsten Slok (Apollo) : le revenu par employé et les marges progressent fortement chez les Magnificent Seven, mais stagnent pour le S&P 493. Aucune accélération mesurable de la productivité totale des facteurs liée à l’IA n’apparaît. Les propriétaires de data centers auraient besoin d’environ 8,5 trillions de revenus cumulés d’ici 2030 pour atteindre un ROIC de 12 %, loin des projections disponibles. Le même jour, Bourse : l’arbre des technologiques a caché la forêt de la médiocrité d’ensemble souligne que la croissance des bénéfices du S&P 500 est extrêmement concentrée (Nvidia, Micron et une poignée de valeurs). Hors Mag7, les indicateurs de profitabilité et de productivité restent stables. Même un ralentissement anticipé du rythme de capex des hyperscalers à partir de 2027 pèsera mécaniquement sur les bénéfices qui en dépendaient. Les marchés de crédit et les actions sonnent l’alarmeLes signaux de marché se multiplient. Les marchés de crédit sonnent l’alarme sur le boom de l’IA, nombreux canaris… (21 octobre) relaie Mohamed El-Erian et le Financial Times : envolée des CDS sur les entreprises liées à l’IA. Oracle, SpaceX et surtout CoreWeave (dont les CDS à cinq ans tournent autour de 1 090 points de base, en zone de détresse) illustrent la tension. Les émissions de dette liées à l’IA ont explosé (environ 466 milliards de dollars en 2026 contre 101 milliards sur la période correspondante de 2025). L’éditorial Red Alert… But (publié le 24 octobre, texte du 18 octobre) décrit une compression des valorisations AI et semi-conducteurs (SOX -11,4 % sur la semaine), un unwind massif de positions hedge funds et un rappel des spasmes telecom de 2000. Les causes sont endogènes : surchauffe interne, pas un choc externe. Le dépôt du prospectus S-1 d’Anthropic cristallise ce retournement. Dans Anthropic face au scepticisme : le prospectus d’une IPO record cristallise le retournement de sentiment sur l’IA (27 octobre), Bertez note la croissance explosive des revenus, mais aussi les pertes, les engagements non résiliables supérieurs à 500 milliards de dollars et les facteurs de risque « catastrophiques ». La valorisation visée a été revue à la baisse ; le dossier est devenu un test grandeur nature pour l’ensemble du secteur. Des contraintes physiques apparaissent également. Amazon et Microsoft annulent des projets de data centers (23 octobre) documente des goulots d’étranglement (électricité, raccordements au réseau) et le stockage de milliards de dollars de racks Nvidia en attente de puissance. Mises en garde institutionnelles et financement européenUn état des lieux factuel est dressé dans Un point non partisan sur l’IA et les récits qu’elle suscite (15 octobre). FMI, Bank of America, Sequoia, Bain et des économistes de Stanford multiplient les avertissements sur l’écart capex/revenus, la concentration, le levier et les arrangements de financement circulaire. Le FMI classe une correction des actifs liés à l’IA parmi les trois principaux risques pour la stabilité financière mondiale. Vous devez lire : Les chimères dangereuses de l’Intelligence Artificielle (16 octobre) relaie Ian Goldin : les prédictions optimistes de croissance (Amodei, Musk) sont des chimères. L’IA pourrait freiner plutôt que stimuler la croissance et menacer jusqu’à 50 % des emplois dans certains pays. Enfin, L’Europe finance le développement de l’IA aux États-Unis ! (7 octobre), à partir d’une note de Torsten Slok, montre que les hyperscalers ont levé 48 milliards de dollars d’obligations en devises européennes en 2026, pesant de plus en plus dans les indices de crédit européens. La note de Michael Hartnett (BofA) du 22 octobre, commentée le 27, résume le risque systémique : « Pas de boom de l’IA = pas de boom ». Une combinaison de déflation chinoise, de conditions de crédit plus strictes sur les hyperscalers et de ralentissement des investissements IA constitue le scénario clé. Conclusion À travers ces textes d’octobre 2026, Bruno Bertez dresse un tableau cohérent : l’IA est devenue le principal canal par lequel le système tente de reporter le règlement de ses contradictions de rentabilité. Les engagements (dette déclarée + contrats non résiliables) sont d’une ampleur historique, les revenus réels restent très insuffisants hors Big Tech, les marchés de crédit commencent à tarifer le risque, et des goulots physiques (énergie) apparaissent. Le retournement de sentiment n’est plus seulement un débat d’analystes ; il se matérialise dans les valorisations, les spreads et les prospectus. Tous ces articles restent accessibles sur brunobertez.com. Leur lecture croisée offre une grille claire et documentée des tensions financières, économiques et physiques qui pèsent aujourd’hui sur le secteur. Le Substack de brunobertez.com est gratuit aujourd'hui. Mais si vous avez apprécié ce post, vous pouvez dire à Le Substack de brunobertez.com que sa plume a de la valeur en promettant un abonnement futur. Vous ne serez facturé que s'il active les paiements.
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