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Les poursuites en diffamation engagées aux USA contre Candace Owens ont du plomb dans l’aile. Et nous ne savons toujours pas qui les finance, le contribuable français ou le couple Macron.
Nous avons démontré dès l’engagement des poursuites contre Candace Owens qu’elles n’avaient que de maigres chances de prospérer du fait du Premier amendement et de la jurisprudence américaine (principalement New York Times c. Sullivan, Cour suprême des Etats-Unis, 1964) . Nous avons également soulevé certains points de procédures qui tendent à ce que l’assignation du couple Macron ne soit pas recevable.
Les Macron ont assigné en diffamation Candace Owens, qui conteste le bien fondé de l’assignation qui n’aurait pas de base juridictionnelle et ne serait pas recevable. Aux USA, le juge civil, contrairement à ce qui a cours en France, dispose à la fois de l’office de la forme et du fond. Cela signifie que s’il est saisi par la défense de points portant sur la recevabilité de l’assignation, il doit les trancher avant l’audience au fond, puisqu’un vice de procédure annule a priori l’ensemble de la procédure. Les avocats de Mme Owens ont demandé le rejet de l’assignation de Brigitte et d’Emmanuel Macron pour trois raisons.
L’original de la décision du juge Rennie rendue le 26 octobre 2026 peut-être consultée ici dans son intégralité. A la question de savoir si Candace Owens est civilement responsable - comprendre si son patrimoine et ses revenus peuvent être saisis pour payer d’éventuels dommages et intérêts - le juge Rennie a répondu non. Pour les motifs développés ci-après, la Cour dit n’avoir pas compétence pour connaître l’action dirigée contre Mme Owens en sa qualité de personne physique (« personal jurisdiction »).
Les avocats du couple Macron n’ont fait pas signifier l’assignation dans les règles, pas plus qu’ils n’ont présenté les arguments en ce sens pour la cour les examine. Ce qui n’a pas été allégué n’existe donc pas dans la procédure. Fiers d’être des amateurs, Bribri et Manu! Parce que si le but de la manœuvre était de faire payer très cher à Candace Owens ses propos, c’est définitivement raté! Les seules entités qui restent assignées sont les deux entreprises de Candace Owens qui disposent d’un siège social au Delaware.
Quant au deuxième motif d’annulation avancé par les avocats de Candace Owens, la cour a jugé que:
Enfin, en matière de prescription, le juge Sheldon K. Rennie a tranché en ces termes:
C’est donc le délai de prescription français qui s’applique parce que la cour a estimé que les préjudices causés le sont d’abord et avant tout en France, pas aux Etats-Unis. Il est de trois mois pour la diffamation et d’un an pour la diffamation en raison de la nationalité, de l’appartenance ethnique ou confessionnelle, de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. La cour a donc ordonné aux deux parties de soumettre leurs arguments afin qu’elle puisse déterminer quel délai de prescription s’applique. A noter que les avocats de Candace Owens ont produit un avis d’expert, celui d’Emmanuel Dreyer, professeur de droit à l’université Panthéon-Sorbonne, qui avance que le délai de prescription s’appliquant est de trois mois car, (a) le délai d’un an ne s’applique que quand on impute des faits non-avérés attentatoires à l’honneur et à la considération sur le fondement de l’identité de genre, pas sur le fait d’arguer qu’autrui a subi une transition de genre et; (b) parce que - la cour en souligne l’importance - lors d’autres poursuites en diffamation intentées par Brigitte Macron en France dans des affaires connexes, c’est le délai de trois mois qui a prévalu. Il appartient donc aux avocats du couple Macron de démontrer que le délai applicable est d’un an. Bon courage. Imputer à Brigitte Macron le fait qu’elle serait née homme n’est pas diffamatoire ni discriminatoire en France, puisque la transition de genre y est légale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Brigitte Macron n’a pas attaqué en diffamation Xavier Poussard ou tenté de faire retirer de la vente son livre - livre sur lequel s’est basée Candace Owens pour produire sa série de vidéo “Becoming Brigitte” incriminée.
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Autant dire que l’affaire est très; mais alors mal engagée pour le couple Macron. Et la question lancinante perdure: qui paie les avocats (qui facturent à l’heure) et la boîte de détectives privés, des honoraires se chiffrant vraisemblablement en centaines de milliers de dollars? Le couple Macron, le contribuable français ou de généreux mécènes?
Et puis, quid de l’image de la France?
“Nous allons servir de fable et de risée à tout le monde, et voilà ce que vous vous êtes attiré par vos extravagances” - Molière, Les précieuses ridicules.
[ Flash ] Macron c. Owens |
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Comme l’a confirmé la Cour suprême des Etats-Unis dans l’arrêt Atlantic Marine (2013). Cette doctrine sert à justifier un rejet au profit d’un for étranger, tandis que les transferts entre juridictions fédérales américaines relèvent de l’article 1404(a) du titre 28 du U.S. Code.
“Lorsque le fait générateur de l'action (« cause of action ») est survenu en dehors du présent État, aucune action tendant à en poursuivre l'exécution ne peut être introduite devant une juridiction du présent État après l'expiration du plus court des deux délais suivants : soit le délai prescrit par la loi du présent État, soit le délai prescrit par la loi de l'État ou du pays où le fait générateur de l'action est survenu, pour l'exercice d'une action fondée sur ce même fait générateur.” (10 Del. C. § 8121).
Aux USA, il suffit tenter de remettre l’assignation en personne à la partie défenderesse, qui n’a pas l’obligation de l’accepter. Cela se fait par des règles de procédure précises.
Loi relative au consentement présumé à la compétence, qui pose que les administrateurs et les dirigeants d’une société par actions consentent à la compétence des actions en justice les concernant dans l’Etat du Delaware même s’ils n’y résident pas. Les sociétés de Candace Owens ne sont pas des sociétés par action, mais des sociétés à responsabilité limitée.
Cette règle permet de demander le rejet d’une action pour “failure to state a claim”, c’est-à-dire parce que, même en tenant pour vrais les faits allégués, la demande n’est pas juridiquement fondée. Ici, le motif invoqué est la prescription.
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Directrice de la publication : Patricia Cerinsek