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La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

VU DU DROIT : Rachida Dati a du culot, c’est sûr. Mais Madame Sire-Marin n’en manque pas non plus le 6.09.2026

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« Coucou les amis magistrats » c’est par cette formule qu’en général je commence sur les réseaux, mes publications destinées à rappeler aux magistrats un certain nombre de obligations liées à leur mission. Celles qu’ils évitent, hélas fréquemment, de respecter.

Cette fois-ci, ce coucou va s’adresser à une seule personne, une « magistrate honoraire » (comme je suis avocat honoraire), dont je suis de très peu l’aîné et qui a donc exercé son métier dans le même monde judiciaire que moi. Elle a été invitée sur un plateau pour donner le point de des magistrate sur la réintégration de Rachida Dati dans la magistrature à quelques jours de son passage devant le tribunal correctionnel de Paris. Immédiatement grand tintamarre dans le bocal, et bousculade chez les professeurs de morale pour brandir la main sur le cœur, le mantra de « l’indépendance de la justice ». Et se plaindre sans mollir des « menaces » que ferait peser les responsables politiques, sur les magistrats.

Avant de nous occuper de Madame Sire-Marin et des magistrats qu’elle prétend représenter, nous allons commencer par un petit préalable à propos de Rachida Dati, spectaculaire courtisane armée d’un assez invraisemblable culot. Lequel assorti d’un réel courage, lui a permis de traverser 35 ans de vie politique au nez et à la barbe des apparatchiks professionnels. Appliquant toutes les techniques de la caste, elle s’est débrouillée pour se trouver toujours au bon endroit. C’est ainsi qu’elle est devenue garde des Sceaux à l’élection de Nicolas Sarkozy. Au grand dam de certains qui s’y voyaient et accueillirent avec un mépris particulièrement déplaisant, la brillante beurette sortie du rang.

Les reproches que ses anciens collègues lui font aujourd’hui seraient d’avoir utilisé les passerelles prévues par le législateur, pour exercer la profession d’avocat, une fois quittée les responsabilités publiques. Tout le monde a utilisé cette technique, mais curieusement seule Rachida Dati est actuellement « dans le viseur ». Pourtant, nombreux sont ceux qui ont joué à ce petit jeu, pour aller vendre non leurs compétences juridiques, mais plus prosaïquement battre monnaie avec le carnet d’adresses, constitué dans les responsabilités publiques. Reprenons notre « coucou », pour l’adresser à DSK, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique de Villepin etc. etc. Ils l’ont tous fait pour pratiquer une forme de pantouflage particulier, et souvent juteux. Je ne connais pas les détails du dossier Dati, et je n’ai aucune illusion sur l’irréprochabilité des sommes qu’elle a perçues. Mais je sais bien que là aussi, nous sommes face à une forme de vendetta judiciaire.

Revenons au tintamarre pour lequel Madame Sire-Marin. est invitée sur un plateau de télévision pour nous expliquer à quel point, elle-même et tous (?) les magistrats, sont offusqués du retour au bercail de Rachida Dati, quelques jours avant son passage au tourniquet. Armé de mon mauvais esprit, je vais être contraint de confesser que cela me fait plutôt rigoler. D’abord je trouve qu’il est quand même un peu étrange, que l’animatrice de l’émission ne précise pas clairement qu’elle est « retraitée », et surtout qu’elle a été la présidente du « Syndical de la Magistrature ». Organisation politiquement très engagée et qui recueille autour de 25 % des voix aux élections professionnelles. Ainsi quand elle dit, « L’ensemble des magistrats sont extrêmement dérangés », au-delà de la syntaxe approximative, on peut remarquer qu’elle n’en sait rien du tout. Et qu’on peut avoir quelques doutes sur cette unanimité proclamée.

Mais qu’à cela ne tienne, concernant Madame Sire-Marin, et les magistrats français, nous allons utiliser son procédé rhétorique.

« L’ensemble des Français sont extrêmement dérangés par le comportement de la magistrature dans l’exercice de sa mission ».

Par exemple, « les Français ont été extrêmement dérangés » lorsqu’ils ont appris l’existence du fameux « mur des cons ». Où les magistrats balançant par-dessus bord l’impératif catégorique de l’impartialité, s’amusaient à punaiser sur un tableau de visage de leurs justiciables, affublés du qualificatif de « cons ». Invraisemblable scandale institutionnel, pour lequel Madame Sire-Marin déjà « ancienne » présidente du SM monta vaillamment au front pour justifier l’injustifiable. Avec d’ahurissantes réflexions et en particulier celle-ci pour justifier le tableau : « N’est-il pas une sorte de maraboutage de l’ennemi, un peu comme on enfonce des aiguilles dans la photo de son adversaire ? » Joli ! Pour la magistrate, on ne juge pas les citoyens, on maraboute l’ennemi ! Et puis venait ensuite la calamiteuse définition de l’impartialité qu’il convient de citer et de commenter ici : « Une fois de plus, cette affaire va servir à défendre une conception abstraite et surannée de l’impartialité du juge, que sous-tend le code de déontologie des magistrats publié en 2010 par le CSM : le juge doit être transparent, sans sexe, sans opinion et sans engagement. » Là on est en présence d’une autre forme de dérangement. Comment des magistrats formés, disposant de hautes responsabilités peuvent-ils proférer de pareilles énormités et revendiquer ainsi une impartialité à géométrie variable ? Personne ne leur demande d’être personnellement transparents, asexués, ou sans opinions politiques. Mais que leurs décisions le soient ! Ils ne les rendent pas à titre personnel, en tant que femmes (ou hommes), en tant qu’électeurs, ou en tant que militants, mais au nom du Peuple français. Voilà une magistrate président d’un syndicat qui démontre que cette notion institutionnelle, lui est complètement étrangère. C’est quand même très « dérangeant ».

Sans verser dans la litanie, on citera quelques péripéties qui « ont dérangé les Français ». La partie judiciaire du coup d’État de 2017 dans le but avéré de faire advenir Emmanuel Macron au pouvoir. Personne d’honnête qui sait comment cela fonctionne, ne peut prétendre que les choses se sont déroulées normalement. La disqualification politico-judiciaire de François Fillon était destinée à lui barrer la route de la présidentielle et à faire élire Emmanuel Macron. Le comportement postérieur de la justice a démontré cet engagement de soutien du système Macron. Le refus de s’attaquer à la gigantesque corruption de ce système, comme en témoignent les affaires Alstom, McKinsey, Fond Marianne, Ferrand, Kholer, Solère, ou la justice soit refuse de s’y intéresser, soit lorsqu’elle a été obligée d’ouvrir, les laisse s’encalminer. Neuf ans après ses 13 mises en examen, Thierry Solère conseiller rapproché d’Emmanuel Macron et modèle de corruption publique, dort tranquillement sur ses deux oreilles.

Il y a autre chose aussi qui a « beaucoup dérangé l’ensemble des Français ». C’est la féroce, et sans précédent depuis la guerre d’Algérie, répression infligée aux gilets jaunes. Avec les centaines de peines de prison ferme injustifiées, la couverture systématique des violences policières, la justice a permis à l’éborgneur du Havre, de venir en présenter de terrible bilan, toutes les semaines à l’Assemblée nationale.

Et puis il y a aussi, concernant la revendication de l’indépendance, « tout aussi dérangeante », la servilité avec laquelle les parquets et les juges du siège ont appliqué la circulaire Dupont Moretti sur la soi-disant répression de « l’apologie du terrorisme ».. Ahurissant deux poids deux mesures, qui a vu plus de 800 condamnations du côté de ceux qui soutiennent la Palestine et zéro du côté de ceux qui soutiennent bec et ongles et quotidiennement, génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, épuration ethnique, pogroms. À quoi s’ajoute le harcèlement judiciaire dont fait systématiquement l’objet Rima Hassan, et pour lequel des rapporteurs des droits de l’homme de l’ONU se sont récemment émus. Et bien sûr après cela Madame Sire-Marin viendra nous parler d’indépendance. Sûrement pas d’impartialité, elle ne connaît pas ce mot.

Plus récemment encore, « l’ensemble des Français ont été dérangés » par le traitement des horreurs pédo-criminelles de l’affaire Lyanna. Ou la magistrature a été d’un zèle constant contre les agriculteurs protégeant leur exploitation, et se désintéressant de la protection de l’enfance. Et viennent d’apprendre la formidable sanction qui vient de s’abattre sur la magistrate défaillante avec une « simple » mutation.

Et puisqu’on en est à parler des sanctions, « l’ensemble des Français ont été dérangés », lorsqu’ils ont appris que le procureur de Bobigny chargé de la lutte contre le narco-trafic, se fournissait pour sa consommation personnelle auprès des dealers qu’il était chargé de poursuivre. Sans oublier sa participation régulière à des séances de « chemsex » mélangeant sexualité dépravée et consommation effrénée de produits interdits. Il a lui aussi été l’objet d’une terrifiante sanction par le CSM qui lui a infligé une petite tape sur la main.

Nous allons nous en tenir là, j’ai publié un livre de 600 pages sur l’histoire du dévoiement de la magistrature française, et un deuxième tome en contiendrait à peu près autant.

Simplement, « l’ensemble des Français, dérangés par ces défaillances massives seraient » bien-fondés à souhaiter que ceux qui en ont été les acteurs principaux, et c’est bien le cas de Madame Sire-Marin, évitent de continuer à donner des leçons, et s’adonnent enfin à la discrétion.
En attendant peut-être de rendre des comptes, sérieusement cette fois-ci.

 

Avant de partir, merci de m’offrir un café.

   

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