La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social
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Il va falloir être vigilant et garder l’œil sur l’évolution du prix du gasoil mais également sur le cours des pop-corns. Car l’actualité française nous donne, à coups de signaux faibles et de signaux forts, le tempo de l’effondrement du système Macron. Ou en tout cas le spectacle de ce qui ressemble à une descente qui s’accélère sur un toboggan. Petit passage en revue de trois événements qui depuis 48 heures ont satisfait notre gourmandise et justifié une consommation encore raisonnable de pop-corn.
Quand un imposteur sans beaucoup de scrupules, surfe facilement sur la bêtise et la corruption de la caste mafieuse qui verrouille le monde des lettres. L’insondable stupidité de la petite bourgeoisie urbaine, partagée dans à peu près tous les pays de l’Occident compulsif, fournit aux escrocs un marché qui peut s’avérer juteux. Bêtise nourrie de « wokisme » intersectionnel antimarxiste, elle est obsédée par les discriminations liées à la race, au genre, à l’orientation sexuelle ou au handicap. Ce qui permettra à un mythomane habile de se faire nommer dans de prestigieux postes académiques comme l’a démontré la triste affaire Jason Arday. Et vaudra à ceux qui dénonceront l’imposture d’une nomination exclusivement due à une couleur de peau, un lynchage médiatico-administratif géant sous l’accusation de racisme.
L’affaire de cet auteur d’origine haïtienne encensé sans mesure par une « critique littéraire » en extase relève de la même problématique. On invitera à regarder l’émission du service public télévisuel français pour constater que tous les intervenants ont complètement perdu les pédales. Le seul normal apparaissant être Thélyson Orélien qui, se gardant prudemment de dire quoi que ce soit, se contente de hocher la tête d’un air approbateur.
On sait que l’opération colossale de lancement du nouveau Victor Hugo (sic), vient de se fracasser sur l’intelligence artificielle (IA). Technologie impressionnante qui vient de faire irruption très récemment dans la globalisation, et ouvre des perspectives parfois vertigineuses. En l’occurrence, des intervenants sur les réseaux nous ont averti que des logiciels de vérification auraient établi que l’ouvrage encensé par tout le monde, avait en fait été écrit par une IA. Explosion Les débats font rage, avec bien sûr les imbéciles qui nient la réalité du problème, et prétendent que l’ouvrage est admirable, et que le contester avec cet argument, l’expression d’un racisme abominable. D’autant plus facilement que de l’autre côté, la droite française la plus bête du monde, n’est pas en retard pour laisser transparaître certaines tendances désagréables. Ceux qui posent la bonne question des rapports futurs de la littérature avec l’IA, sont malheureusement à peine audibles. Le problème, c’est que l’intelligence artificielle a des sacrées ressources, parce qu’elle vient de révéler que Thélyson Orélien était en plus un plagiaire professionnel. Manifestement quand il ne demandait pas l’IA de rédiger ces textes, il se contentait de copier, parfois mot pour mot ceux des autres. Et là, il s’agit d’autre chose. Faire écrire ses livres par des « nègres littéraires » c’est une vieille pratique, et utiliser aujourd’hui une IA, procède de la même démarche. Déplaisant mais pas grave.
Le plagiat c’est une autre affaire. L’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle nous expliquent bien de quoi il s’agit. Une infraction pénale de « contrefaçon » réprimée par trois ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende ! Au regard de ce que nous avons appris des acrobaties littéraires de Thélyson Orélien, avec en particulier la reprise mécanique de la préface de Louis Pauwels dans son « Matin des magiciens », la situation désormais judiciaire du nouveau Victor Hugo apparaît quand même comme assez inconfortable. Il n’est pas question de vouloir ici la mort du pêcheur, et il serait assez ridicule que tout ceci se termine devant un juge. Parce qu’incontestablement l’imposteur a été aussi victime de l’insondable bêtise des petites coteries du monde de l’édition littéraire. Qui lui ont laissé croire qu’il pouvait prendre la pose de l’écrivain et se remplir les poches.
Finalement le plaisir que l’on peut prendre à cette séquence, qui peut permettre de la rattacher à l’effondrement occidental, est bien celui du spectacle de l’explosion en vol du système mafieux qui préside aux destinées de la littérature française. Explosion qui va, à notre grand plaisir laisse des traces bien visibles sur les murs de l’église de Saint-Germain-des-Prés. Pas sûr que ce petit monde s’en remette.
Lancée par « Le Parisien » propriété de Bernard Arnault, et reprise par toute une presse mainstream panurgique voilà qu’arrive l’information selon laquelle la Russie s’apprêtait à attaquer « les pays du Club Med », comme les appellent les sympathiques teutons, indécrottables suprémacistes. Bigre, et d’où cela sort il ? D’un rapport de la CIA, dites donc ! Et ça, c’est du solide. C’est pas une information sûre. En douter, c’est être carrément un employé du FSB.
Interrogé à la télévision par ses deux larbins habituels, Emmanuel Macron a été saisi de cette question par le plus servile des deux, à savoir Caroline Roux. Devant l’énormité de la fake news, et pour éviter le grotesque, il a bien été obligé de démentir. Avec un argument selon lequel les informations dont il disposait, les services de renseignements français ne considéraient pas tout cela comme crédible. Cette formulation est très intéressante, en ce qu’elle raconte que désormais même de ce côté, le kéké de l’Élysée ne contrôle plus grand-chose. Rappelons-nous la « réunion des chefs de partis » dans les sous-sols de l’Élysée. Pour leur communiquer que tout le monde connaissait déjà, c’est-à-dire la fantasmagorie dont les médias-système nous abreuvent quotidiennement : « les Russes arrivent ! Ils mangent les petits-enfants ! ». Manque de pot, deux journalistes sont intervenus le lendemain pour démentir le chef de l’État. Faisant état de leurs contacts avec les services de renseignements français, ils en ont répercuté les analyses contraires. Quiconque suit un peu ces questions a pu constater que depuis quelques semaines Georges Malbrunot et Jean Dominique Merchet s’étaient transformés en interprètes de ces services, et d’ailleurs de la grande muette également. Ce qui place Macron dans une situation particulière, c’est le risque de voir ses rodomontades bellicistes réfutées dès le lendemain par ces télégraphistes. Nul doute que s’il n’y avait pas eu ce problème, il n’aurait vu aucun inconvénient à alimenter les délires bellicistes.
Coincé le scootériste aquatique ?
Nouvelle information stupéfiante fournie par « Le Parisien » intarissable fournisseur de fake news, mais fondée cette fois-ci : la mise en garde à vue, à la demande du PNF du général Benoît Puga. Voilà en effet quelqu’un, militaire de haut rang qui a occupé des postes prestigieux, et qui vient goûter brusquement à la paille humide des cachots. Il a occupé le poste éminemment stratégique de chef d’état-major particulier des chefs de l’État Sarkozy puis François Hollande, avant d’être bombardé grand chancelier de la Légion d’honneur. C’est lui qui remettra le grand cordon à Macron lors de ses intronisations de 2017 et 2022. Il occupera cette fonction jusqu’en 2023, c’est-à-dire qu’il aura la responsabilité administrative de la distribution des hochets de la République. Emmanuel Macron avait annoncé au moment de son arrivée à l’Élysée qu’il allait remanier l’institution et rendre plus rares et plus exigeantes les attributions. Ces bonnes résolutions ont été instantanément abandonnées et on a repris les vieilles habitudes. Il se trouve que les nominations sont issues de contingents dont disposent les différents ministères, mais que le Premier ministre ainsi que la chancellerie conserve le leur propre. Les reproches qui semblent faits au général Puga serait d’avoir agi de connivence avec un personnage trouble aujourd’hui décéder, qui se serait servi de ses décorations aimablement distribuées pour acheter des voix dans deux élections sénatoriales pour une circonscription des Français de l’étranger. Il faut être extrêmement prudent, surtout lorsque l’on sait que l’obtention de la Légion d’honneur ou de l’ordre du Mérite relève aussi d’influence, et de copinages qui viennent judicieusement compléter les mérites. L’affaire fait l’objet d’une enquête préliminaire du PNF, frappée du secret est dont fort normalement on ne sait pas grand-chose.
On se permettra cependant, à ce stade trois observations. Tout d’abord, ces « trafics » de décorations renvoient à un épisode savoureux de l’histoire de la IIIe République qui mit en grande difficulté le président Jules Grévy poussé à la démission en raison des magouilles de son gendre. Cela déboucha également sur la création du délit « d’ingérence », devenu celui de « trafic d’influence » dans le nouveau Code pénal de 1994.
Ensuite force est de constater que le traitement judiciaire actuel appliqué au général Puga n’est guère bienveillant. On apprend par la presse que lui-même ses proches ont fait l’objet de plusieurs perquisitions domiciliaires, et sa garde à vue normalement de 24 heures, a été prolongé par décision du procureur pour 36 heures. C’est-à-dire qu’il a passé une nuit inconfortable en cellule. À ceux qui disent qu’il est sorti libre, rappelons comment fonctionne la procédure pénale. Dans la mesure où il s’agit d’une enquête préliminaire conduite par le parquet, celui-ci avait trois solutions après la garde à vue : déférer le général devant le juge d’instruction, c’est-à-dire se départir du travail d’investigation au profit d’un juge du siège, le renvoyer directement devant le tribunal correctionnel, ou le laisser sortir libre. C’est bien sûr cette solution qui a été choisie permettant ainsi au PNF de conserver la maîtrise de l’enquête.
Enfin ce dossier déplaisant pour une institution prestigieuse, dont le titulaire de la charge était nécessairement un proche d’Emmanuel Macron, démontre que le temps est en train de se couvrir pour un certain nombre d’autorités macroniennes, qui bénéficiaient jusqu’à présent de la complaisante immunité accordée au chef de l’État depuis le coup d’État judiciaire de 2017. Le PNF, officine créée par François Hollande pour protéger d’abord les socialistes puis leurs héritiers macronistes des foudres de la justice, semble enfin décidé à prendre en charge sa mission d’autorité de poursuite impartiale.
Ce n’est pas une mauvaise nouvelle.
Avant de partir, merci de m’offrir un café.
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