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La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

Le Monde Moderne :Macron alerte sur la « menace hybride » russe et appelle à l’unité face à la flambée des carburants - le 18.09.2026

Le Kids Act de la Commission européenne, les pêcheurs débloquent les barrages, les Etats-Unis d’Europe de Gabriel Attal, répression LGBT+ en Turquie.
 
 
 
 
 
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Macron alerte sur la « menace hybride » russe et appelle à l’unité face à la flambée des carburants

Emmanuel Macron s’est exprimé vendredi 18 septembre à l’Élysée, au sortir d’une réunion avec les chefs de parti et candidats à la présidentielle.

Le président a dénoncé l’intensification récente des attaques hybrides russes (drones, cyber, incursions) et annoncé un plan de protection des infrastructures critiques. « Nous ne sommes pas intimidés », a-t-il déclaré.

Sur la hausse des prix à la pompe, qu’il attribue entièrement aux guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, il a plaidé pour traiter les causes plutôt que de multiplier les aides, coûteuses pour les finances publiques. La France convoquera un G7 sur l’énergie et saisira la Commission européenne.

Il a appelé les Français à « rester unis », estimant que « la division nous rendra moins forts ». Jusqu’à l’élection de 2027, il se pose en « garant » du débat démocratique.

Bref, zéro solutions et un évitement du bilan de 10 ans de politiques qui ont conduit la France dans l’impasse sur le plan national et international. Champion mon frère !

   

 

Les pistes du gouvernement pour réaliser 54 milliards d’euros d’économies

Dans une interview au Figaro, le Premier ministre dévoile les principaux arbitrages de l’exécutif sur le budget 2027. “Je propose un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros” pour un déficit 2027 à 5% du produit intérieur brut, amorce-t-il, avant de détailler les coupes budgétaires qu’il entend proposer aux parlementaires. “Nous sommes très loin de l’austérité”, affirme-t-il, préférant parler “de copie offensive”.

Le texte doit être transmis au Haut Conseil des finances publiques d’ici ce week-end. La copie sera ensuite étudiée en Conseil des ministres le 1er octobre. Mais ces arbitrages, réalisés avec l’objectif de réduction des déficits et la recherche de compromis politique, ne sont en aucun cas inscrits dans le marbre : les parlementaires se saisiront – à commencer par l’Assemblée nationale mi-octobre – du texte et pourront largement amender la copie initiale.

Avant de développer ses propositions, le Premier ministre prend d’abord un engagement sur la méthode et veut faire passer le budget sans avoir recours à l’article 49.3 ou aux ordonnances, à condition qu’il n’y ait pas “d’obstruction parlementaire” de la part de La France insoumise.

L’effort demandé aux retraités restera “inférieur à 6 milliards d’euros”, et ses modalités seront décidées au Parlement. “Aucune pension ne diminuera” mais un gel des retraites les plus importantes est envisagé. Sébastien Lecornu assume de préserver “le minimum vieillesse, l’allocation aux adultes handicapés, le RSA ou les petites pensions”. Mais pour certaines allocations, comme les APL, le gel sera “possible”. Il propose par ailleurs d’instaurer un délai de “carence” pour le versement de certaines allocations aux étrangers, “celles qui ne dépendent pas du travail”.

Le budget 2027 “sera le plus rigoureux pour l’Etat depuis très longtemps”, prévient-il. “Si on exclut la hausse de la charge de la dette et celle du budget des Armées, le budget de l’Etat sera gelé en valeur l’an prochain”, annonce le locataire de Matignon. Le budget des Armées augmentera “comme prévu” de 6,4 milliards d’euros l’an prochain. Les ministères de la Justice, de l’Intérieur, de la Recherche et de l’Ecologie afficheront également des crédits en hausse. Le ministère du Travail doit, quant à lui, “réaliser 2,5 milliards d’euros d’efforts”. Il cite, pour cela, une coupe dans les outils datant de la crise du Covid, ou encore “un meilleur ciblage dans le dispositif du compte professionnel de formation”.

Le point d’indice des fonctionnaires, qui concerne également les collectivités territoriales, sera gelé. Sébastien Lecornu annonce une “mise à contribution de la sphère des cabinets ministériels” par “une mesure de compression des enveloppes globales”.

“Nous comptons faire des efforts sur les arrêts maladie, pour environ 2 milliards d’euros”, annonce le Premier ministre. Une réforme sur les ruptures conventionnelles est aussi proposée, pour une économie de 100 millions d’euros l’an prochain, “puis de 800 millions d’euros à l’avenir en année pleine”. “La loi contre la fraude fiscale et sociale et de nouveaux moyens avec de l’IA permettront de récupérer 1 milliard d’euros supplémentaires”, détaille-t-il encore.

Comme annoncé, Sébastien Lecornu assure, au nom de la “stabilité fiscale”, qu’il ne gèlera pas le barème de l’impôt sur le revenu, ce qui aurait conduit à des hausses d’impôts et promet également de réduire la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises.

“On a besoin d’outils pour relancer la démographie”, défend le Premier ministre, qui plaide pour un recentrage de l’allocation de rentrée scolaire et assure qu’il proposera “aussi des mesures de soutien aux familles, par exemple avec la création d’un prêt à taux zéro natalité pour faciliter l’accès à la propriété d’un logement adapté pour les familles”.

Certaines niches fiscales, comme celle des services à la personne, “sont sanctuarisées”. D’autres pourront être revues, prévient cependant le chef de l’exécutif, qui évoque une possible fiscalisation des indemnités liées aux arrêts de travail pour financer l’Assurance maladie.Le pacte Dutreil, dispositif qui permet d’alléger fortement l’impôt sur la transmission des entreprises familiales, n’est quant à lui pas remis en question.


L
   

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Le Kids Act présenté par la Commission européenne

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté le détail du Kids Act, une proposition législative qui vise à renforcer la protection des mineurs au sein de l'Union européenne face aux conséquences négatives des réseaux sociaux et des chatbots alimentés par intelligence artificielle générative. Le texte doit encore être soumis à l'approbation des eurodéputés et des Etats-membres avant de se substituer aux dispositifs nationaux.

C’est la mesure phare du Kids Act : interdire les plateformes qui fournissent des services de réseau social aux enfants de moins de 13 ans. Plus précisément, la création de compte sera interdite aux moins de 15 ans sur les plateformes qui proposent certaines fonctionnalités : diffusion de vidéo en direct, algorithme de recommandation de contenu, possibilité d’interagir avec une personne qui n’appartient pas à sa liste de contacts… Sont donc incluses des plateformes aussi diverses que Facebook, Instagram, X, YouTube, TikTok, Snap, Roblox, Fortnite…

Entre 13 et 15 ans, la Commission propose que les enfants ne puissent disposer que de mini-comptes installés et surveillés par leurs tuteurs légaux. Ces mini-comptes auront un temps d’utilisation limité à une heure par jour, et proposeront des fonctionnalités de protection : les tuteurs pourront pré-approuver les nouveaux contacts potentiels, signaler des contenus ou comptes qu’ils jugent dangereux, et imposer un plafond au nombre de contacts.

Les plus jeunes ne seront cependant pas totalement bannis des plateformes. Le Kids Act propose que les 3-13 ans puissent accéder à “des services de partage de vidéos spécialement conçus” pour les moins de 13 ans via une fonctionnalité disponible directement sur le profil de leur tuteur.

Avec le Kids Act, la Commission européenne souhaite interdire l’emploi de certaines fonctionnalités “addictives” utilisées par de nombreux acteurs du numérique, et pas seulement pour les moins de 15 ans, mais jusqu’à 18 ans. Parmi ces techniques visées, les fils de contenu recommandés par algorithme, adaptés en fonction de l’activité de l’utilisateur.

Les auteurs du texte proposent également d’interdire le scrolling (défilement de publications) infini “sans points d’arrêt”, les mécanismes de récompense qui visent à récupérer l’attention de l’utilisateur avec des cadeaux et l’envoi de notifications durant les “heures de sommeil”.

Les compagnons IA et les chatbots conversationnels à visée générale, comme ChatGPT, “ne peuvent pas simuler de relations interpersonnelles de manière à créer une dépendance émotionnelle”. Les moins de 13 ans pourront les utiliser uniquement à travers les fonctionnalités autorisées par les tuteurs.

Pour appliquer toutes ces mesures, le Kids Act ambitionne d’imposer un contrôle de l’âge des utilisateurs de ces services en ligne et des magasins d’applications, comme le Google Play Store et l’App Store.

La vérification devra être réalisée par les réseaux sociaux et les plateformes de partage de vidéos lorsqu’une personne crée un compte. Les comptes créés avant l’entrée en vigueur du texte pourront échapper au contrôle, si les fournisseurs peuvent estimer leur âge avec un “haut degré de confiance” et “sur la base d’indicateurs raisonnables”, comme par exemple “la date de création du compte ou les informations relatives à la carte bancaire”, propose la Commission.

La Commission propose d’imposer plusieurs autres obligations. Par exemple, les contacts non sollicités de la part d’inconnus seront interdits aux mineurs, tout comme les “fonctionnalités qui augmentent la comparaison sociale ou déforment l’image des mineurs, en particulier en l’embellissant ou l’idéalisant de manière disproportionnée”, comme les filtres.

Les profils des mineurs doivent être privés par défaut, et l’accès à leur géolocalisation, leur caméra ou leur microphone doit être désactivé par défaut, de même que les recommandations de comptes. Les plus de 15 ans pourront réactiver ces fonctionnalités mais devront le faire à chaque nouvelle session d’utilisation.

Chaque fournisseur de service soumis à cette réglementation devra remettre un plan de mise en conformité à un “auditeur indépendant”, ainsi qu’à la Commission, qui pourra réclamer des mesures correctrices en cas d’insuffisances. Le texte a été soumis au Parlement européen et au Conseil par la Commission, qui insiste : “Il est essentiel que cet acte soit adopté rapidement.”

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Les pêcheurs s’engagent à débloquer les barrages

Les pêcheurs de Méditerranée menant des actions contre le prix du gazole “se sont engagés à débloquer les barrages”, a annoncé la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, à l’issue d’une rencontre de plus de six heures au ministère. La ministre a par ailleurs promis que les aides qui seront allouées aux pêcheurs “suivraient la variation des cours des carburants”.

Catherine Chabaud a aussi évoqué “la possibilité d’ouvrir, pour ceux qui ont des problématiques de trésorerie, un prêt à taux zéro”. “Bien évidemment, c’est surtout pour permettre de faire la transition d’ici le versement des aides”, a-t-elle souligné. “On ne peut pas dire que nous avons tout eu. Des négociations sont encore en cours sur certains points mais la monnaie d’échange, c’est qu’on lève les barrages”, a réagi Vincent Scotto, pêcheur à Sète, à la sortie de la réunion.

Catherine Chabaud a également évoqué les aides promises mais non encore reçues par les pêcheurs pour les mois précédents : "Nous avons mis du temps à mettre en place le dispositif d'enregistrement des dossiers, mais aussi de paiement. Et à l'heure qu'il est, on a quasiment, pour les mois d'avril et mai, versé toutes les aides en carburant à tout le monde, on est à 90%." Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé le relèvement de 25 à 35 centimes par litre du montant de l'aide accordée aux pêcheurs français.

Gabriel Attal plaide pour des Etats-Unis d’Europe

Dépeignant une Europe “attaquée”, face notamment à la concurrence des Etats-Unis et de la Chine, Gabriel Attal a plaidé pour des Etats-Unis d’Europe, défendant le “projet d’une génération”. “Il n’y a que deux choix politiques possibles. Le vieux cauchemar du Frexit ou un rêve nouveau. Un rêve atteignable. Un rêve que je suis venu porter devant vous aujourd’hui. Préparer les Etats-Unis d’Europe”, a-t-il déclaré dans un discours sur ses ambitions européennes, prononcé à Reims.

“Je le dis avec force : l’Europe actuelle, à 27, a atteint ses limites. Nous ne pourrons pas aller plus loin dans le système actuel”, a ajouté le concurrent au sein du bloc central d’Edouard Philippe. L’Europe avance actuellement avec “des boulets aux pieds”, a-t-il estimé, citant la concurrence que se font les Etats européens entre eux, ou encore “des circuits de financement qui restent fragmentés”. “Ce que je propose, ce n’est évidemment pas la création d’un pays unique, c’est une fusion économique et écologique d’abord entre un noyau dur de pays européens”, a détaillé le secrétaire général de Renaissance.

S'il n'a pas précisé le nombre de pays visés, il a dit vouloir instaurer ces Etats-Unis d'Europe en faisant “le premier référendum européen, c’est-à-dire une consultation simultanée dans tous les pays qui auront vocation à les intégrer”. Assumant un “fédéralisme économique, technologique et écologique”, il a précisé qu'évidemment, “les compétences régaliennes resteraient à la main des États”.

En Turquie, le pouvoir poursuit sa répression contre la communauté LGBT+

Les autorités turques ont lancé une vague d’interpellations ciblant la communauté LGBT+ dans plusieurs villes du pays. L’objectif, selon le ministre de la Justice turc, Akin Gürlek, est de “protéger les enfants, l’institution familiale et l’ordre social”.

Cette opération policière, baptisée “Ma famille est en sécurité”, s’inscrit dans le cadre de la “décennie de la famille” proclamée par le président Recep Tayyip Erdogan. L’objectif de cette politique est de relancer la natalité, mais aussi de s’attaquer aux personnes LGBT+, que le chef de l’Etat juge en partie responsables de la démographie en berne. Officiellement, l’homosexualité et la transidentité ne sont pas réprimées pénalement en Turquie. Mais elles y sont largement réprouvées et l’homophobie s’étend jusqu’au sommet de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan qualifiant régulièrement les personnes LGBT+ de “perverses”.

Les autorités ont mené une première série d’arrestations dans des bars gays et au domicile de militants LGBT+, pour des chefs d’accusation variés comme “obscénité”, “aide à la prostitution” ou “liens financiers avec l’étranger”.

a revue de presse du Monde Moderne du vendredi 18 septembre

Vendredi, quelque part dans l’Élysée, on réunit l’armée, le renseignement et les chefs de partis dans une salle qui porte le nom d’une étoile, Vega, pour parler du monde qui brûle. Le même jour, au Sénat, une sénatrice normande égrenait un chiffre qui devrait inquiéter bien plus que le détroit d’Ormuz : cent cinquante-trois millions de données personnelles de Français, désormais en vente libre sur le dark web. L’un joue au chef de guerre devant les caméras, l’autre gouverne un pays qui laisse fuiter ses citoyens comme une passoire laisse fuiter l’eau. Vega brille, la France fuit.

France Passoire : l’État qui ne protège personne

Nathalie Goulet a un chiffre qui ne s’oublie pas : cent cinquante-trois millions de données personnelles de Français circulent sur le dark web, davantage que d’habitants dans le pays plusieurs fois compté. Pas besoin d’un service secret étranger pour ça — de jeunes Français exploitent des failles élémentaires, ouvrent des comptes bancaires au nom de victimes qui ne l’apprendront que des mois plus tard, quand la banque appellera pour un crédit jamais demandé. La sénatrice a organisé au Sénat le colloque qui a donné son nom au hashtag « France Passoire » ; trois jours plus tard, une des principales plateformes de facturation électronique de l’État se faisait pirater à son tour, un risque que ce même colloque avait anticipé sans être écouté. C’est un mécanisme entier qu’elle démonte : la fraude sociale et fiscale coûte des dizaines de milliards par an, la CNAF cumule 6,4 milliards d’erreurs comptables sans qu’aucun directeur ne soit jamais sanctionné, et pendant ce temps Sébastien Lecornu cherche 54 milliards d’économies. Elle avait pourtant fait voter à l’unanimité la fin des avantages à vie des anciens Premiers ministres — voiture, chauffeur, garde du corps. Le texte est mort à l’Assemblée, Lecornu ne l’a jamais appliqué, et Raffarin comme Cazeneuve continuent de rouler sur le compte d’un contribuable qu’on somme, lui, de se serrer la ceinture. « Voler l’État, c’est voler personne, et voler le contribuable, c’est pareil » — sauf que dans ce pays, le contribuable paie deux fois : en impôts, et en données.

3:24 — 153 millions de données de Français piratées
14:05 — Les milliards que l’État laisse filer
27:46 — Les privilèges des ex-Premiers ministres jamais supprimés

Macron rejoue les chefs de guerre en salle Vega

Emmanuel Macron a convoqué l’armée, la DGSI, la DGSE, la DRM et les chefs de partis dans la salle Vega de l’Élysée, deux heures trente de huis clos sur le Proche-Orient, l’Ukraine et les attaques hybrides. Gérard Larcher et Marine Le Pen n’y étaient pas conviés ; l’exercice ressemble moins à une concertation qu’à une mise en scène destinée à faire exister un président en manque de rôle. On confisque désormais les téléphones à l’entrée de ces réunions — version française du secret d’État — et cela n’a pas empêché le piratage, par le Mossad, du téléphone de la conseillère Moyen-Orient de l’Élysée, sans qu’on tire la moindre leçon du précédent Pegasus. Le motif officiel de cette agitation : la fermeture du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole et du gaz mondial. Le motif que Le Parisien s’évertue à maquiller sous un « la France n’est pas en guerre » : la France sanctionne la Russie d’une main et continue d’importer son GNL de l’autre. Et le même jour, un séminaire gouvernemental de cinq heures n’a produit qu’un chiffre — 54 milliards d’économies — et une seule solution qu’on refuse de nommer : augmenter les impôts, en épargnant soigneusement Bernard Arnault, Vincent Bolloré et Xavier Niel. Ce n’est pas Ormuz qui met ce pays sous tension. C’est un pouvoir qui confond communication de crise et gestion de crise.

42:37 — Macron réunit son état-major en salle Vega
2:19:19 — Détroit d’Ormuz fermé : la réunion de crise à l’Élysée
1:03:03 — Les milliardaires épargnés, coup de gueule contre le shadowban

Attal et ses États-Unis d’Europe (LOL)

Gabriel Attal a réuni son mouvement pour annoncer vouloir bâtir « les États-Unis d’Europe » et exister enfin face à Raphaël Glucksmann. Résultat : une salle d’à peine quarante personnes, dont une partie de son propre encadrement. L’homme qui fréquente le Bilderberg y récite, phrase après phrase, le catéchisme technologique de Bruxelles — intelligence artificielle, nucléaire, informatique quantique, paiement souverain — ponctué d’un tic verbal qui résume tout le programme : « c’est possible ». C’est du vide mis en musique, calqué sur les éléments de langage de la Commission, sans rapport avec l’état réel d’une industrie européenne qu’Attal contribue lui-même à sacrifier sur l’autel de la concurrence « libre et non faussée ». Le même jour, Ursula von der Leyen assimilait toute critique de l’Union à une manipulation étrangère ou à un discours de haine — une porte ouverte pour censurer, fermée pour débattre. Poussez la logique jusqu’au bout et vous obtenez un président de ces « États-Unis d’Europe » élu au suffrage universel, dont le premier titulaire naturel s’appellerait, tenez-vous bien, Emmanuel Macron.

1:27:36 — Attal promet des « États-Unis d’Europe » devant 40 personnes
1:33:29 — Attal récite le catéchisme tech de Bruxelles
1:53:23 — Von der Leyen, censure et l’idée d’un Macron président de l’Europe

Deux poids, deux mesures : la justice qui protège les puissants

Tara Heuzé-Sarmini a publié sur LinkedIn le message d’un homme qui l’avait traitée de « connasse ». Elle a été condamnée en trois jours ; lui, l’auteur de l’insulte, n’a pas été inquiété. Voilà, en une phrase, le résumé d’une justice qui punit ceux qui dénoncent plutôt que ceux qui agressent. Mettez ça en regard de ce que je relève dans le dossier Bruel : une trentaine d’accusations de viol pèsent sur le chanteur, et c’est son contrôle judiciaire qu’on assouplit. Sandrine Rousseau a eu raison, à l’Assemblée, de citer Darmanin, Abad, Bettaham et Le Scouarnec pour dénoncer l’écart entre le discours officiel sur les violences sexuelles et la protection réelle que le pouvoir accorde à ceux qui en sont accusés — une diatribe que je qualifie sans hésiter d’utilité publique. Et puisqu’on parle de protection : Rachida Dati, jugée dans le dossier Renault-Nissan-Carlos Ghosn, se défend en expliquant qu’elle était trop peu assidue au Parlement européen pour avoir pu être corrompue. Glandeuse plutôt que corrompue : voilà la ligne de défense d’une ministre toujours en poste.

1:44:25 — Condamnée pour avoir dénoncé une insulte, le contraste avec Bruel
2:05:02 — Sandrine Rousseau charge la macronie sur les violences sexuelles
2:08:12 — Djihadistes en Irak, la défense surréaliste de Rachida Dati


Ce que ces dossiers racontent, mis côte à côte, c’est un même pays où l’on sanctionne les faibles avec zèle et les puissants avec des circulaires.

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On ne chauffe pas un logement avec de la fermeté

Emmanuel Macron a réuni les chefs de partis à l’Élysée pour parler des prix de l’énergie, des guerres en Iran et en Ukraine, et il est ressorti devant les micros pour déclarer : « Nous ne sommes pas intimidés » par les menaces russes. Voilà la phrase du jour. Retenez-la, parce qu’elle raconte à elle seule la méthode : on convoque une réunion sur le pouvoir d’achat, on en sort avec une formule de politique étrangère. L’ordre du jour portait la facture d’énergie, le communiqué oral porte la posture. Entre les deux, quelque chose s’est perdu, et ce quelque chose, c’est nous.

Je ne crois pas une seconde que ce glissement soit un accident de micro. C’est la fonction même de ce type de convocation. Réunir les chefs de partis à l’Élysée, c’est un geste dont on connaît la grammaire : ça ne décide rien, ça ne vote rien, ça n’engage rien — ça photographie. Ça produit une image d’unité nationale au moment précis où la question posée, celle du prix de l’essence et du chauffage, est la plus divisive qui soit, parce qu’elle sépare ceux qui peuvent absorber une hausse de ceux qui ne le peuvent pas. Transformer une question de classe en question de fermeté face à Moscou, c’est le tour de passe-passe le plus vieux du répertoire. Et il fonctionne d’autant mieux que la menace extérieure est réelle. Le mensonge efficace n’invente pas un danger : il en prend un vrai et le pose devant un autre, pour le cacher.

Car l’autre danger, lui, a été chiffré le même jour. Sébastien Lecornu présente un budget 2027 avec cinquante-quatre milliards d’euros d’économies. Cinquante-quatre milliards. On peut discuter à l’infini de la sincérité de ce document — la presse s’y emploie déjà, on nous explique doctement que c’est du poker menteur, que le texte est écrit pour être amendé, que la vraie question est de savoir s’il fera tomber le gouvernement. Très bien. Mais ce jeu de commentaires parlementaires a une vertu pour le pouvoir : il déplace la conversation du contenu vers la procédure. On se demande si le budget survivra, on ne se demande plus ce qu’il coupe. Le suspense sur la censure sert de rideau au chiffre.

Or le chiffre, lui, ne bouge pas. Cinquante-quatre milliards d’économies, ça veut dire des services qui ferment, des postes qui ne sont pas remplacés, des associations qui déposent le bilan — et d’ailleurs les oppositions associatives se font déjà entendre. Et ça veut dire, très concrètement, que l’État se met hors d’état de répondre à ce dont on était venu parler à l’Élysée le matin même. Vous ne pouvez pas, dans la même journée, convoquer une réunion sur les prix de l’énergie et annoncer que vous retirez cinquante-quatre milliards de votre capacité d’agir. Enfin si, vous le pouvez : c’est même exactement ce qui s’est passé. Mais il faut le dire à voix haute, parce que le dire suffit à faire tomber le décor.

Raphaël Glucksmann, lui, appelle à des aides « beaucoup plus massives » face à une situation qu’il qualifie de « socialement explosive ». Je prends cette phrase pour ce qu’elle est : un thermomètre, pas une proposition. Quand ceux qui ont accompagné pendant des années la discipline budgétaire commencent à parler d’explosion sociale, ce n’est pas qu’ils ont changé d’analyse, c’est qu’ils entendent le grondement. L’aveu est là, dans l’adjectif. « Explosive » n’est pas un mot de programme, c’est un mot de peur. Et la peur des uns ne vaut pas politique pour les autres.

Alors regardons où mène concrètement cet État qui pose pour la photo et coupe dans son budget. Il mène à Tarascon. Sur le site de Fibre Excellence, une usine classée Seveso, l’État vient de dénoncer « l’incurie » du liquidateur judiciaire et d’annoncer qu’il reprenait lui-même la sécurisation du site. Traduisez : une installation à risque majeur a été laissée sans surveillance suffisante, et il a fallu que la situation devienne intenable pour que la puissance publique se souvienne qu’elle existe. Pendant ce temps, les ex-salariés ont relancé l’activité de force. De force. Ce sont eux, pas le ministère, pas le liquidateur, qui ont décidé que l’outil ne mourrait pas.

Voilà le contre-champ exact de la scène de l’Élysée. D’un côté, la théâtralisation : on réunit, on déclare, on n’est pas intimidés. De l’autre, des ouvriers qui reprennent une usine parce que personne n’est venu. Et entre les deux, un budget qui garantit que la deuxième scène se répétera ailleurs, en pire. L’État n’a pas disparu — il s’est spécialisé. Il est très présent quand il s’agit de tenir un discours de souveraineté, et remarquablement absent quand la souveraineté prend la forme concrète d’un site industriel à sécuriser ou d’une facture à payer.

Ce que je retiens de ce vendredi, c’est cette division du travail. La géopolitique pour la parole, l’austérité pour les actes, et les salariés pour le réel. Les trois tiennent dans la même journée sans que personne ne relève la contradiction, parce que chaque séquence est commentée séparément, dans son couloir, par ses spécialistes. Le fil qui les relie est pourtant le seul sujet.

Je ne conteste pas qu’il faille tenir face aux pressions russes. Je conteste qu’on transforme cette tenue en réponse à une question qui n’était pas celle-là. Quand on vous demande comment vous allez payer le carburant et qu’on vous répond que la nation ne se laissera pas intimider, on ne vous a pas répondu. On vous a déplacé.

La fermeté ne se boit pas, ne se mange pas, ne se chauffe pas.

 

 

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