Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

Le Monde Moderne - La Quotidienne - Périscolaire : un véritable tsunami judiciaire - Mercredi 16 septembre 2026

Hausse des prix du gaz, pénurie de munitions aux Etats-Unis, une frégate russe tire sur un hélicoptère danois, des frais universitaires d’inscription multipliés par 5, la France paradis des dividendes
 
 
 
 
 
LIRE DANS L'APP
 
Périscolaire : un véritable tsunami judiciaire

La “déflagration” qu'ont été les révélations sur les violences sexuelles dans le périscolaire à Paris a été suivie “par un véritable tsunami judiciaire” pour le parquet de Paris, a déclaré la procureure de Paris. Des affaires qui appellent des “enquêtes forcément longues”, explique Laure Beccuau.

La procureure de Paris souhaite “désormais que les victimes soient accompagnées tout au long de la procédure judiciaire” pour éviter le processus de “victimisation secondaire”, à savoir une souffrance accrue d'une personne en raison de la façon dont elle est traitée par l'institution après avoir subi une infraction.

Elle a donc mis en place depuis un an et demi un “groupe de travail sur la victimisation secondaire”, qui a débouché, “depuis le 1er septembre”, sur “un plan d’action” décliné en 27 points, dont “quatre vont être lancés à titre prioritaire”. Parmi ces actions prioritaires, “il va y avoir l’accompagnement des parents, et des victimes au sens général”.

   

Parmi les dysfonctionnements identifiés, il y a la fin de non-recevoir souvent opposée par les services qui répondent aux familles que “l’enquête est en cours” sans plus de détail, parfois pendant des temps très longs. Désormais, “nous allons structurer le fait de leur dire que l’enquête est en cours, mais qu’un acte d’enquête est prévu, et qu’il va se faire dans cette temporalité, expliquer aussi les auditions, comment elles vont se réaliser, pourquoi leur enfant est entendu dans une salle et pourquoi les parents ne sont pas aux côtés de leurs enfants”, détaille-t-elle. Enfin elle souhaite “expliquer le pourquoi” de certaines questions posées lors de la procédure car “certaines questions mal comprises peuvent susciter chez les victimes l’idée qu’on met en doute leur parole, alors que ça n’est pas le cas”.

La procureure de Paris a indiqué que les plaintes de familles contre l’ancienne maire Anne Hidalgo et le maire actuel de Paris, Emmanuel Grégoire, “ont été reçues et les enquêtes ont été ouvertes”. “Les investigations sont lancées” et elles vont devoir déterminer si, au-delà d’une responsabilité politique des deux élus, peut s’ajouter une responsabilité pénale.

Elle a par ailleurs rappelé les chiffres, avec près de 235 enquêtes en cours dans ces affaires concernant les violences physiques et sexuelles dans le périscolaire, qui concernent 184 établissements. Parmi ces enquêtes, elle compte “une petite dizaine d’informations judiciaires”. “Si nous avions plus de moyens, nous irions plus vite”, concède-t-elle.

En 2026, la facture moyenne de gaz sera supérieure de 120 euros par rapport à celle de 2025

La facture moyenne de gaz d’un ménage français en 2026 devrait être supérieure d’environ 120 euros à celle de 2025, selon des calculs de la Commission de régulation de l’énergie. Alors que le prix de référence du gaz va augmenter de 6,3% au 1er octobre en raison d’une augmentation des prix sur les marchés de gros au mois d’août, “depuis le début de l’année, ça fait une hausse d’environ 30%”, a déclaré la présidente du gendarme de l’énergie, Emmanuelle Wargon.

“La facture moyenne 2026 pourrait être de l’ordre de 120 euros de plus par an par rapport à 2025, si les prix se maintiennent jusqu’à la fin de l’année”, a-t-elle souligné. Pour la suite, Emmanuelle Wargon a estimé qu’il était “vraiment trop tôt pour avoir une visibilité sur les prix en 2027. Vous savez, dès qu’il se passe quelque chose dans un sens ou dans l’autre, les marchés s’adaptent”.

La présidente de la Commission de régulation de l’énergie a par ailleurs de nouveau assuré que la France aurait assez de gaz pour l’hiver, le niveau de stockage étant actuellement à 76%. “On est confiant sur le fait qu’on atteindra les 85% requis par l’Union européenne à peu près au début de l’hiver, enfin en tout cas avant la saison hivernale, et donc on aura suffisamment de gaz dans nos stockages”, a-t-elle affirmé.

Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.

Le Pentagone reconnaît une pénurie de munitions liée à la guerre en Iran

Le ministère de la Défense américain a reconnu une “pénurie” de munitions liée à la guerre en Iran, un constat que l’administration Trump avait pourtant largement refusé de confirmer ces derniers mois. Le rapport de l’inspecteur général du Pentagone estime qu’entre le 28 février et le 30 juin, l’opération “Fureur épique” contre l’Iran a coûté environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards dépensés uniquement en munitions tirées. “Les dépenses en munitions lors de l’opération Fureur épique ont provoqué une pénurie sur les inventaires stratégiques et révélé des goulots d’étranglement au sein des industries pour le renouvellement des munitions”, relève le document.

Quand, en juin, des informations de presse avaient rapporté que les Etats-Unis rationnaient l’utilisation de leurs missiles, notamment ceux de type intercepteurs, le gouvernement avait démenti, le président Donald Trump affirmant lui-même que le pays disposait “de quantités énormes de munitions”. Début septembre, le président écrivait encore que les Etats-Unis disposaient de “quantités pratiquement illimitées de munitions”. Selon la presse, ce manque de munitions a pourtant poussé le président à ne pas renouveler les attaques à grande échelle contre Téhéran durant l’été.

Malgré le recours massif aux intercepteurs, “les frappes iraniennes ont endommagé et détruit des centaines de bâtiments et d’installations sur des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie”, note le rapport du Pentagone. Le document, qui couvre les mois d’avril à juin 2026, liste les dégâts sur la flotte d’appareils : quatre F-15 détruits, un F-35 endommagé, sept avions ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits, et “jusqu’à 30”drones d’attaque MQ-9 Reaper détruits, entre autres.

Le document estime à “plus de 50 000” le nombre de militaires américains impliqués dans la guerre dans le Golfe, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Les ripostes de l’Iran et de ses alliés ont endommagé les bâtiments diplomatiques dans quatre pays (Irak, Koweït, Arabie Saoudite, Emirats arabes Unis), précise le rapport.

   

Pour précommander le livre

Une frégate russe a tiré des fusées éclairantes sur un hélicoptère de l’armée danoise

L’armée danoise a annoncé qu’un navire de guerre russe avait tiré deux fusées éclairantes en direction d’un hélicoptère en opération au-dessus de la mer Baltique, au large de la ville la plus au sud du Danemark, Gedser. “L’un des hélicoptères Fennec a été pris pour cible par des fusées éclairantes lors d’une opération photographique de routine”, a écrit l’armée danoise dans un communiqué. La frégate a tiré “deux fusées en direction de l’hélicoptère. L’une d’elles est passée à proximité immédiate de l’appareil”.

Sa Première ministre, Mette Frederiksen, a dénoncé une “action irresponsable” de Moscou. L’incident est “totalement inacceptable” a renchéri le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, estimant qu’il “aurait pu mettre des vies en danger”. “La Russie repousse progressivement les limites de ce qu’elle considère comme un comportement acceptable”, a-t-il averti. “C’est quelque chose que nous ne pouvons pas accepter”, a assuré le chef de la diplomatie danoise. L’ambassadeur de Russie a donc été convoqué “pour s’expliquer sur cet incident”, selon le ministère des Affaires étrangères.

Le Danemark, pays soutien de l’Ukraine, accuse par ailleurs régulièrement la Russie de mener des opérations hybrides sur son territoire. A l’automne 2025, plusieurs drones avaient survolé le Danemark, entraînant la fermeture de plusieurs aéroports, dont celui de Copenhague. Des incidents immédiatement attribués à la Russie.

Des experts proposent de multiplier par cinq les frais d’inscription à l’université

Des grèves et des manifestations sont prévues un peu partout en France, à l'appel de l'intersyndicale, pour réclamer plus de moyens pour la recherche, pour l'université et pour les étudiants. Jeunes et enseignants-chercheurs sont côte à côte pour dénoncer le sous-financement chronique de l'enseignement supérieur.

Aux assises du financement des universités, la piste d’une augmentation des frais d'inscription pour les étudiants a été évoquée. Certains experts estiment que le prix d'une année de licence devrait être multiplié par cinq, passant de 178 euros à 900. En master, le tarif passerait de 254 euros à 1 300.

“Ce qu'on propose, ce n'est pas de changer de modèle. C'est d'ouvrir le débat et de ne pas en faire un tabou comme c'est souvent le cas aujourd'hui”, indique Jérôme Fournel, inspecteur général des finances et ex-directeur de cabinet de l'ancien Premier ministre Michel Barnier. Cette hausse des frais d'inscription s'accompagnerait d'une exonération pour les étudiants boursiers et d'un système de prêts garantis par l'Etat. Cette proposition a été reprise, plus récemment, par une commission d’enquête du Sénat.

Augmenter les frais de scolarité représente une ligne rouge pour les organisations étudiantes, fermement opposées à cette idée. Avec la précarité qui touche déjà de nombreux étudiants, la proposition risquerait d'aggraver les situations, selon les syndicats.

 
La France en tête des versements de dividendes en Europe

Le montant des dividendes versés par les grandes entreprises françaises au cours du deuxième trimestre a été le plus important en Europe, et en deuxième place sur le podium mondial derrière les Etats-Unis. Les principales sociétés cotées en France ont distribué 70,4 milliards de dollars à leurs actionnaires (61 milliards d’euros), selon un rapport du gestionnaire d’actifs Janus Henderson, qui analyse les données des 1 500 plus grandes capitalisations boursières mondiales.

La France est première en Europe, devant l’Allemagne (51,3 milliards de dollars), l’Italie (17,5 milliards de dollars) et l’Espagne (13,2 milliards de dollars), et deuxième au niveau mondial, derrière les Etats-Unis (177,2 milliards de dollars). Ce montant a notamment été tiré par le versement exceptionnel de Bolloré SE, le groupe contrôlé par la famille du milliardaire Vincent Bolloré, de 4,2 milliards d’euros à ses actionnaires, dont une partie à des sociétés situées dans le giron du groupe.

Le groupe pharmaceutique Sanofi est aussi un contributeur important, “avec un dividende par action en hausse de 5,1%” cette année, “soutenu par les ventes du Dupixent”, son médicament dont les ventes ont dépassé les 4 milliards d’euros. Les actionnaires des sociétés françaises profitent par ailleurs de la très bonne dynamique du secteur financier, premier contributeur mondial avec 239,7 milliards de dollars, soit une hausse de 8,1% par rapport à l’an dernier.

Sur l’ensemble de la planète, les dividendes ont grimpé de 7,3% cette année, à 757,8 milliards de dollars. Les rachats d’actions, qui consistent à utiliser ses bénéfices pour acquérir ses propres titres, ont bondi de 26,8%, à 572 milliards de dollars. Ces opérations, généralement plus avantageuses fiscalement qu’un versement de dividendes, ont été massivement réalisées par les groupes du secteur technologique (121 milliards de dollars) dans le monde.


Un président crédité de moins de 16 % d’opinions favorables décide, seul, d’étendre le parapluie nucléaire français jusqu’en Finlande, sans qu’un seul parlement n’en débatte. Pendant que la France s’assèche et se paupérise, Bruxelles planche sur un texte pour faire taire ceux qui s’en plaignent trop fort. Et Netflix, par une coïncidence qui n’en a que l’apparence, ressort le film qui doit vous faire peur de l’intelligence artificielle exactement quand ses parrains réclament une loi fédérale.

Comment on vous vend la guerre contre la Russie

Le mécanisme est d’une simplicité désarmante : on fabrique un ennemi, on convainc les peuples qu’ils sont plus forts, puis on mobilise. Kaja Kallas défile devant le Parlement européen avec un exposé que je situerais au niveau CM2, réclamant un centre de renseignement continental et une armée européenne que ne prévoit aucun traité — programme d’autant plus étrange que son père reste soupçonné d’avoir fait disparaître des dizaines de millions d’euros de la banque centrale estonienne, accusation que je me contente de rappeler. Jean-Noël Barrot brandit Poutine à chaque sabotage ferroviaire, chaque drone au-dessus de Leipzig, chaque survol balte, pour vendre une OTAN présentée comme purement défensive alors qu’elle fut créée, dès la guerre froide, pour contenir Moscou — la vente d’armes n’ayant jamais cessé, derrière le discours martial, d’être une activité économique bien réelle. Sur un plateau de France Info, des experts comparent populations et arsenaux comme on jouerait au Risk, en oubliant que chaque pion est un mort ; Yulia Mendel, ex-porte-parole de Zelensky, qualifie elle-même la stratégie de son ancien patron de « suicide national » dans une tribune censurée. « On a le calcul de petit soldat : combien on tue d’humains pour BlackRock ? » Au bout de la chaîne, Emmanuel Macron décide seul d’étendre le parapluie nucléaire à la Finlande et aux pays baltes, une ligne rouge que l’OTAN elle-même n’avait jamais franchie en pleine guerre froide, sans débat parlementaire, sans consultation, sans référendum.

11:10 — Macron étend le parapluie nucléaire jusqu’en Finlande
24:53 — Comment on fabrique un peuple prêt à la guerre
1:45:38 — Zéro débat, zéro référendum

The AI Doc : le remake psyop du Covid

The AI Doc sort sur Netflix après trois ans de tournage, pile au moment où Obama et tous les grands patrons des labs d’intelligence artificielle réclament d’une même voix une régulation fédérale américaine. Le procédé rappelle furieusement Pandemic, ce documentaire sorti sept semaines avant le Covid, et le discours d’Ursula von der Leyen qui répète une dizaine de fois le mot « tipping point » ne dissipe pas le soupçon. Derrière la peur soigneusement mise en scène, on trouve l’Open Society de George Soros, les fondations MacArthur et Ford, et Bill Gates qui réclame qu’on mobilise les budgets publics de biosécurité — le même Bill Gates dont les liens avec Jeffrey Epstein n’ont jamais empêché personne de lui tendre un micro. Klaus Schwab annonçait déjà un « événement IA » mondial avant d’être débarqué du World Economic Forum pour collusion avec Epstein : le scénario de la peur est recyclé depuis des années, avec les mêmes signatures en bas de page. « On n’a pas une IA qui va détruire l’humanité, on a juste la naissance d’un cartel. » Pendant ce temps, Patrick Pouyanné se réjouit du boom de l’IA via Mistral pour justifier de nouveaux forages pétroliers rebaptisés « bas carbone », et François Hollande affirme sur BFM ne toucher que dix mille euros de retraite par mois — un chiffre qui ne colle pas.

52:30 — The AI Doc, ou comment refaire le coup du Covid
59:35 — Qui finance vraiment The AI Doc : Soros, Gates, WEF
45:50 — Total, Mistral et la fausse retraite de Hollande

Qui a le droit de parler

France Info m’a rangé, avec Caroline Galactéros, Régis Lesommier et Nicolas Vidal, dans la case des voix pro-russes d’extrême droite, à cause d’un reportage sur les Assises de la souveraineté de Florian Philippot. Qu’on me pose la question franchement : ai-je dit quelque chose de faux ? Non. Ai-je fait du journalisme ? Oui. Est-ce un problème ? Oui, puisque RT est interdit dans l’Union européenne et que la seule évocation de son nom suffit désormais à disqualifier. Le même reportage montre des militants défendre ouvertement Vladimir Poutine et parler de « torts partagés » dans la guerre en Ukraine, ce qui n’a rien à voir avec ma position mais tout à voir avec l’amalgame qu’on me sert. Le chancelier allemand Friedrich Merz, lui, ne s’embarrasse plus de nuances : il ne veut plus entendre parler de liberté d’expression, notion qu’il juge dangereuse pour une démocratie qu’il faut, selon lui, protéger en la faisant taire. Ursula von der Leyen prolonge le geste avec l’EU Kids Act, qui interdirait les réseaux sociaux aux moins de 13 ans, sous couvert de « bouclier démocratique ». Chez le Parti socialiste, l’exclusion surprise de Philippe Brun de la primaire, sur des accusations dont personne ne sait rien, prend des allures de procès stalinien.

1:33:07 — France Info m’accuse d’être pro-russe : je me défends
2:09:00 — Merz s’attaque à la liberté d’expression
1:59:10 — Philippe Brun exclu, Ursula veut interdire les réseaux sociaux

La colère monte, le prix aussi

Les pêcheurs bloquent les dépôts pétroliers de Frontignan et de Fos-sur-Mer, exaspérés par le prix du gasoil, juste après la manifestation des policiers et juste avant celle des agriculteurs, des infirmiers et des pompiers — sauf que tous les manifestants ne reçoivent pas le même traitement médiatique. Le Parlement européen refuse la demande française de plafonner le marché carbone qui renchérit le carburant, tout en distribuant 61 milliards d’euros aux actionnaires : voilà comment on tape sur les retraités, les malades et les handicapés en se félicitant d’une transition qu’on ne finance jamais du même côté. L’Union européenne ressemble de plus en plus à l’URSS de ses derniers jours, celle qui rationnait tout sauf les privilèges. Emmanuel Macron republie un kit de survie numérique pour préparer les Français à une attaque, promesse jamais tenue depuis François Bayrou, avant d’aller serrer la main aux premiers volontaires du service national à Orange, dans une promotion baptisée du nom d’Henri Fertet, résistant fusillé à seize ans en 1943 — belle inversion des valeurs pour un pays que je ne crois ni libre ni heureux. Pendant ce temps, Rachida Dati et Carlos Ghosn comparaissent pour corruption, l’essence continue de grimper, et Ed Sheeran se fait huer pour avoir dit « Free Palestine » en concert, quand dire son soutien à l’Ukraine n’a jamais dérangé personne.

1:14:30 — Pêcheurs, policiers, agriculteurs : la colère sociale explose
1:23:27 — L’UE refuse de baisser les taxes sur l’essence
1:53:30 — Dati-Ghosn au tribunal, essence chère, tension qui monte


Entre le parapluie nucléaire qu’on étend sans vote et le documentaire qu’on programme pour faire peur au bon moment, le fil est le même : décider à votre place et vous faire croire que c’est pour votre bien. La suite, en vidéo, chapitre par chapitre.

Partager Le Monde Moderne

 

L’EDITO : L’Europe légifère sur ce qu’elle maîtrise, et se taît sur ce qui la tient

L’Europe légifère sur ce qu’elle maîtrise, et se taît sur ce qui la tient

Le Canada « premier membre associé » de l’Union européenne : voilà ce qu’Ursula von der Leyen est venue proposer depuis la tribune de Strasbourg, dans son discours sur l’état de l’Union. Les capitales ne l’avaient pas vu venir — on les a décrites surprises, ce qui est une manière élégante de dire qu’elles n’avaient pas été consultées. Dans le même souffle, la présidente de la Commission a annoncé un « Kids Act », l’interdiction des réseaux sociaux avant treize ans, des comptes encadrés jusqu’à quinze, une limitation qu’elle qualifie de « graduée ». Et cette phrase, reprise partout : « L’Europe sera là pour vous… »

Je note ce que ce discours contient et je note surtout ce qu’il évite. Il redessine une carte, il légifère sur les écrans des adolescents, il parle climat, défense, intelligence artificielle. Il tient le registre de ce que la Commission peut décréter. Pendant ce temps, dans les mêmes journaux, à la même heure, un autre récit se déroule : les prix à la pompe flambent, en France et ailleurs, avec des écarts considérables d’un pays de l’Union à l’autre, et Emmanuel Macron réclame une mobilisation « totale » de son gouvernement sur l’approvisionnement et les prix. Deux Europe dans la même journée. L’une annonce, l’autre paie.

Mon fil du soir est là, et il est simple : Bruxelles communique sur les périmètres qu’elle contrôle pour ne pas avoir à dire qu’elle ne contrôle ni le prix du carburant, ni les routes qui le transportent.

Car le troisième fait du jour est celui dont on parle le moins, et c’est évidemment celui qui commande les deux autres. Au Yémen, les Houthis multiplient attaques et blocus contre l’Arabie saoudite ; Riyad dénonce une tentative de frappe contre La Mecque et parle de « ligne rouge » ; les rebelles nient. Ce qui est en jeu, la presse économique le dit sans détour : les routes maritimes, et derrière elles l’économie mondiale prise dans un étau. Voilà la chaîne complète. Un détroit, un blocus, une raffinerie sous menace, et trois semaines plus tard un automobiliste de Seine-Maritime ou de Moselle qui regarde le panneau de la station avant de tourner le volant. Entre les deux, ni la Commission ni l’Élysée n’ont de levier. Ils ont des communiqués.

Ce que je reproche à cette manière de gouverner, ce n’est pas d’annoncer : c’est de substituer l’annonce au diagnostic. Interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes, on peut en débattre longuement, et je trouve d’ailleurs la question légitime — les plateformes ont abîmé quelque chose chez les adolescents, personne de sérieux ne le nie. Mais regardez la mécanique politique : c’est une mesure qui ne coûte rien à aucun État membre, qui ne heurte aucun intérêt énergétique, qui ne demande à personne de renoncer à quoi que ce soit, et qui produit une énorme quantité de bonne conscience européenne. On protège les enfants d’Instagram, on ne protège personne de la facture. Le « Kids Act » est un objet politique parfait : visible, vertueux, gratuit.

L’affaire canadienne relève du même art. « Membre associé » — arrêtons-nous sur ces deux mots, parce qu’ils ne veulent encore rien dire. Personne ne sait, ce soir, ce que ce statut implique juridiquement : quels droits, quel accès, quelle voix au chapitre, quelle réciprocité. C’est un concept lancé depuis une tribune, non pas négocié entre capitales — et les capitales, justement, apprennent la nouvelle en même temps que nous. Je ne crois pas une seconde que ce soit un accident de calendrier. Quand une puissance ne peut pas agir sur le réel, elle agrandit la carte. L’extension symbolique est le dernier recours des institutions qui ont perdu la main sur la matière. On ne peut pas faire baisser le diesel, on peut faire entrer un continent dans l’organigramme.

Et l’écho médiatique a suivi exactement cette pente. Le Canada et l’interdiction des réseaux sociaux ont saturé les titres, dans toutes les langues ; la mise sous étau des routes maritimes du Golfe, qui est pourtant la nouvelle stratégique du jour, a été traitée comme une chronique économique de plus. On a commenté le geste, très peu la dépendance. C’est le réflexe habituel d’une presse qui suit les tribunes parce que les tribunes fournissent du matériel prêt à l’emploi, et qui délaisse les chaînes causales parce qu’elles demandent du travail et qu’elles n’ont pas de porte-parole.

Ce déséquilibre a un coût politique très concret. Il laisse le terrain libre. Quand le prix du carburant monte et que l’explication officielle se résume à une « mobilisation totale » du gouvernement — formule qui décrit un état d’esprit, pas une politique —, ceux qui expliquent la hausse par l’écologie, par l’Europe, par les migrants, par n’importe quoi de simple, occupent tout l’espace. Nous avons déjà vu ce film. Une taxe mal expliquée, des ronds-points, et un pouvoir sidéré de découvrir que les Français savent compter. Les écarts de prix d’un pays à l’autre au sein du marché unique sont un sujet politique de première grandeur : ils disent la fiscalité, la rente, l’absence de politique énergétique commune. On ne l’a pas dit aujourd’hui. On a dit « membre associé ».

Il y a une hiérarchie de la puissance et elle n’est pas négociable. En haut, celui qui contrôle un détroit. Au milieu, celui qui contrôle un prix. En bas, celui qui contrôle un règlement sur l’âge d’ouverture d’un compte en ligne. L’Union européenne a passé la journée à s’installer confortablement au troisième étage en faisant croire qu’elle habitait le premier.

Protéger les enfants des écrans, oui. Mais qui protège les adultes du reste ?

Le pouvoir se lit à la pompe.

 

 

Invitez vos amis et gagnez des récompenses
Si vous appréciez Le Monde Moderne, partagez-le avec vos amis et gagnez des récompenses lorsqu'ils s'abonnent.

 

Inviter des amis

 
Liker
 
Commenter
 
Restack
 

© 2026 Le Monde Moderne
112 avenue de Paris, CS 60002, 94306 Vincennes Cedex

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article