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La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social

Le Monde Moderne - La Quotidienne - Le gouvernement soumet une nouvelle version de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans à la Commission européenne - Mardi 15 septembre 2026

Journée de mobilisations, les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes, don record pour Reform UK, de nouveaux billets en euros, 1 000 stations-service françaises à sec.
 
 
 
 
 
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Le gouvernement soumet une nouvelle version de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans à la Commission européenne

Le gouvernement français soumet une nouvelle version de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, après la censure d’un précédent texte de loi par le Conseil constitutionnel, a annoncé Emmanuel Macron sur X. “Après un travail technique rigoureux, le gouvernement notifie aujourd'hui de nouvelles écritures à la Commission européenne, un mois après la décision du Conseil”, a écrit le chef de l'Etat sur X, justifiant ce choix par la nécessité de “protéger nos enfants en ligne”.

“J'ai partagé avec la présidente de la Commission européenne ma détermination à ce que l’Europe avance de façon rapide et exigeante, pour harmoniser cette interdiction au niveau de l’Union et encadrer les fonctionnalités des plateformes”, explique aussi le chef de l'Etat. Cette notification est une étape cruciale pour s'assurer que le futur texte législatif sera conforme au droit européen.

“Nous irons au bout”, a assuré Emmanuel Macron, qui dit vouloir “ne rien lâcher” et rappelle avoir demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu de “trouver une voie de passage” conforme à la fois aux observations du Conseil constitutionnel et aux prescriptions du droit européen. “C’est chose faite”, a-t-il estimé. Le président de la République, qui en a fait un cheval de bataille majeur de la fin de son second mandat, espère qu’une interdiction sera opérationnelle en France lorsqu’il quittera l’Elysée au printemps.

   

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De nombreuses mobilisations en France

Le syndicat Alliance Police nationale, composé majoritairement de gardiens de la paix et de policiers adjoints, appelle à une mobilisation à Paris. Il demande une revalorisation de la prime de risque des policiers, qui n'a pas été augmentée depuis 2019. Les policiers ont manifesté sur la place de la République, à Paris, avant de se rendre à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Le secteur de l'enseignement supérieur et la recherche est, quant à lui, en grève contre le “sous-financement chronique”. À Fos-sur-Mer, les pêcheurs ont bloqué un dépôt pétrolier pour protester contre la hausse des prix du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail. Quelques légères tensions ont été signalées lors de l’arrivée des forces de l’ordre. Les pêcheurs seront reçus par la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, dans les prochains jours.

Sur l’appel d’un ancien gilet jaune, une manifestation citoyenne contre la hausse des prix des carburants a eu lieu à La Rochelle. Elle intervient au moment où les prix des carburants atteignent des niveaux record : le gazole se vend en moyenne à 2,35 euros le litre et l’essence SP95-E10 s’affiche à 2,14 euros le litre.

Les salariés du secteur de l’énergie veulent défendre le “tarif agent” de l’énergie. Les électriciens et gaziers prévoient une grève “très suivie” pour dire leur opposition à une remise en cause de leur tarif préférentiel, un avantage qui fait partie de leur rémunération.

Des syndicats de pompiers, d’infirmiers, d’étudiants, des associations de protection de l’environnement et des animaux, ou encore un collectif féministe ont manifesté devant le ministère de l’Economie. Face à l’urgence climatique, ils appellent à intégrer plusieurs mesures d’urgence dans le budget 2027, dont un plan pour les bouilloires thermiques, “une taxe sur les plus gros pollueurs” ou encore des moyens pour la prévention des incendies.

 
Donald Trump affirme que l’Ukraine et la Russie acceptent d’arrêter les bombardements sur les infrastructures énergétiques

Donald Trump a affirmé que l’Ukraine et la Russie s’étaient engagées à ne plus frapper les infrastructures énergétiques adverses. “La hausse du prix du diesel dans le monde est principalement causée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine, et non par l’Iran”, a-t-il assuré, quand bien même le conflit au Moyen-Orient se traduit aussi par une flambée des tarifs du carburant.

“L’Ukraine n’est pas certaine que la Russie ait la volonté de respecter cet accord”, a de son côté déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky après cette déclaration de Donald Trump. “Si nos partenaires sont prêts à garantir que la Russie ne frappe plus nos réseaux électriques, nos autres installations énergétiques, nos infrastructures critiques, ni le transport de denrées alimentaires, alors nous sommes bien sûr prêts à garantir une réciprocité de notre part”, a-t-il promis.

Précédemment, le président des Etats-Unis avait directement interpellé son homologue ukrainien, l'appelant à “arrêter” d'attaquer les raffineries de pétrole en Russie, face à l'envolée des prix à la pompe. Face aux attaques répétées de l'Ukraine sur ses infrastructures pétrolières, Moscou a prolongé un moratoire décidé fin juillet sur les exportations russes de diesel.

Un don record de 72 millions de livres au parti populiste Reform UK fait polémique

Au Royaume-Uni, le financement des partis politiques fait polémique après un don record de 72 millions de livres au parti populiste Reform UK. La somme représente 84 millions d’euros. Le gouvernement travailliste veut éviter que les élections britanniques deviennent une affaire de grandes fortunes. Pour cela, un projet de loi débattu au Parlement propose de limiter à 100 000 livres (116 000 euros), par an, les dons des électeurs britanniques vivant à l’étranger. Le parti veut également interdire les dons en cryptomonnaies. Ces nouvelles règles pourraient s’appliquer rétroactivement au 25 mars dernier.

La disposition pourrait concerner les 72 millions de livres versés à Reform UK, car les deux milliardaires britanniques vivaient encore récemment à l’étranger. L’un était à Hong Kong et l’autre en Thaïlande, avant de revenir au Royaume-Uni.

Mais la polémique va plus loin. Contrairement à la France, il n’existe au Royaume-Uni aucun plafond au montant qu’un particulier peut donner à un parti politique. Le gouvernement veut revoir en profondeur les règles du financement politique, au nom de la protection de la démocratie. Le parti de Nigel Farage dénonce, lui, une tentative pour l’empêcher de se financer et défend la légalité de ces dons.

Plus que quelques jours pour désigner les illustrations des nouveaux billets en euros

Plus de neuf millions de personnes ont en tout cas déjà participé au choix des futurs billets en euros, a indiqué lundi la Banque centrale européenne, à une semaine de la fin d’une consultation publique sur son site internet.

De Maria Callas à Marie Curie, en passant par Beethoven et Cervantes, y faire figurer des personnalités qui ont compté dans l’Histoire de l’art et des sciences apparaît comme la première option. L’autre choix serait de mettre en avant le patrimoine écologique du continent européen, en choisissant des oiseaux et des paysages, censés refléter les ambitions environnementales de l’Union.

Si la BCE ne donne pas les premières tendances, elle se réjouit du nombre élevé de votants, qui en fait l’une des consultations publiques européennes les plus réussies jamais menées.

   

Pour précommander le livre

Le responsable des nouveaux billets à la Banque centrale européenne, Philippe Geoffroy, estime qu’il est grand temps de changer le design des billets, qui remonte à la création de l’euro il y a près de 25 ans.

Les contributions du public doivent aider le Conseil des gouverneurs de l’institution, composé de vingt-sept membres autour de la présidente Christine Lagarde, à arrêter son choix final qui sera communiqué d’ici à la fin de l’année.

Les nouveaux billets remplaceront la série actuelle, dont les motifs montrant des ponts, portes et fenêtres imaginaires, remontent à la création de la monnaie unique. Cette nouvelle série de billets comportera également de nouvelles sécurités anti-contrefaçon. Elle devrait entrer en circulation d’ici deux à quatre ans.

1 000 stations-service sont presque à sec en France

Les prix des carburants continuent de grimper, mais faire le plein devient de plus en plus compliqué. 13 % des stations-service en France manquent d’au moins un carburant, soit environ un millier de points de vente, principalement dans les Pays de la Loire, dans le Grand Est ou encore en Île-de-France.

Sont particulièrement concernées les stations TotalEnergies, prises d’assaut pour leur prix plafonné. Car avec des pleins de plus en plus chers, les consommateurs comparent et délaissent les autres distributeurs.

“Il n’y a absolument pas de risque de pénurie de carburant sur le territoire national parce que les stocks sont là. C’est un problème de distribution en particulier dans le réseau Total qui voit ses ventes augmenter”, affirme Francis Pousse, président de la branche stations-service du réseau Mobilians. Le groupe affirme de son côté multiplier les livraisons jusqu’à deux fois par jour dans certaines stations pour faire face à l’afflux de consommateurs.


Censure, corruption et insultes dans la revue de presse de ce mardi

Le gaz a pris 30 % depuis janvier, et 120 euros de plus tombent dès 2026. Bruno Le Maire, sur un plateau, consent enfin à évoquer « sa part de responsabilité » — formule qu’il aurait pu prononcer avant de mentir sciemment aux Français à la veille des européennes. Pendant ce temps, une Cupra électrique a pris feu dans un tunnel et tué une mère et son enfant, et 61 milliards de dividendes sont tombés dans les mêmes trimestres où l’on somme les retraités de se serrer la ceinture. Faites le calcul vous-même, on s’en charge ici.

Le carburant de la colère

Trente pour cent d’augmentation sur le gaz, cent vingt euros de plus programmés pour 2026 : chaque choix politique qu’ils ont pu faire ces dernières années a été le mauvais. Pendant qu’on exige des Français qu’ils baissent le chauffage et renoncent à la voiture, une Cupra électrique a pris feu dans un tunnel et tué une mère et son enfant — la bascule vers l’électrique se fait sans que personne n’ait sérieusement maîtrisé le risque batterie, mais on continue de vendre l’histoire du progrès propre. Sur l’essence, on nous ressert la faute de Trump et ses blocages au Moyen-Orient ; c’est réel, mais ça arrange tout le monde d’oublier que les sanctions européennes contre l’énergie russe pèsent tout autant sur la facture. Et quand vient l’heure des solutions, le gouvernement envisage une baisse de fiscalité réservée aux professionnels — pêcheurs, agriculteurs, transporteurs — en laissant le reste du pays à la trottinette. Est-ce qu’on pourrait arrêter de taxer les Français comme des gros porcs ? À Fréjus, sur cent cinquante spectateurs, une seule personne avait rempli un cahier de doléances : voilà le fossé exact entre la colère qu’on ressent et l’engagement qu’on ose.

7:07 — Le gaz a flambé de 30 %, l’accident Cupra
17:46 — L’essence augmente, Trump ou sanctions anti-Russie
35:00 — Gilets jaunes, la colère niée, les cahiers de doléances oubliés

Une dette fabriquée, un peuple sommé de se taire

Ségolène Royal l’a dit tout haut sur un plateau : le gouvernement provoque sciemment les retraités, refuse de baisser les taxes sur l’essence, pour créer le chaos et justifier ensuite une reprise en main. Je partage ce diagnostic, et j’y ajoute la mienne : cette dette accumulée pendant le Covid n’a rien d’un accident, c’est une opération sciemment menée par Macron pour endetter la France à un point tel que les réformes structurelles deviennent la seule sortie possible — une guerre cognitive relayée par des économistes de studio comme Philippe Aghion, qui déclarent la réindustrialisation impossible avant même qu’on l’ait tentée. Brice Teinturier a dressé de son côté un réquisitoire du déclin français — impôts écrasés, hôpital dégradé, canicule mal gérée, chute dans les classements éducatifs — que je retourne contre ceux qui l’ont écrit : Hollande, Sarkozy, Macron, et leurs conseillers de l’ombre, Attali en tête. Pendant ce temps, François Bayrou est jugé pour l’affaire des assistants parlementaires du MoDem dans un silence médiatique total, la même accusation qui vaut à Marine Le Pen des unes en boucle. Deux poids, deux comptes rendus.

24:06 — Ségolène Royal accuse le gouvernement de pousser au chaos
55:53 — Le réquisitoire de Brice Teinturier sur le déclin français, disséqué
51:15 — Procès Bayrou occulté, sondages sur commande

La caste s’enrichit sans vergogne

Anne Hidalgo est payée à voyager pour un organisme international après avoir quitté la mairie de Paris. François Hollande cultive des revenus qu’aucun document public ne permet de vérifier, entre SCI avec Julie Gayet et société de conseil aux comptes fermés. Tony Blair, lui, a fait fortune après avoir couvert l’invasion de l’Irak. Ce monde, en fait, est aux mains des corrompus — et pendant qu’ils prospèrent, les pêcheurs brûlent des pneus faute de réponse à la hausse de l’énergie. Édouard Philippe tourne sa campagne en mise en scène paysanne, tarte flambée en Moselle façon Darmanin et ses frites, alors que Sarkozy ne sait toujours pas cuire un œuf et que ces grands assistés ont pourtant accès au bouton nucléaire. Je demande une chose simple à tous les candidats de 2027 : déclarez votre portefeuille d’actions. Macron a touché des primes chez Rothschild, Philippe a été lobbyiste pour Areva — il n’y a pas trente-six façons de vivre la fin du monde, soit être actionnaire, soit être révolutionnaire, choisissez votre camp.

32:00 — Hidalgo, Hollande, Blair : une caste qui s’enrichit sans vergogne
1:09:34 — Édouard Philippe joue les fermiers pour sa campagne
1:13:19 — Dividendes record : les candidats et leurs actions

Ce qu’on censure, ce qu’on tait

Macron veut interdire certaines plateformes aux moins de 15 ans au nom de la protection de l’enfance ; je note surtout que ça tombe pile au moment où l’algorithme serre déjà la portée des médias indépendants sur Facebook et X, et qu’une future loi Arcom vise les « zones grises de l’information ». Même les petits espaces de liberté, les interstices, il faut qu’ils disparaissent. Aux États-Unis, Macklemore a été écarté de la tournée d’Ed Sheeran après que le milliardaire Robert Kraft a menacé de boycott — son crime, avoir dit Free Palestine et refusé de se taire sur Gaza. Et pendant que la France s’enflamme pour l’affaire de Carcassonne, la mort d’Etienne, poignardé par une personne sous OQTF, disparaît des radars : un embarras trop gênant, je le crois, pour Laurent Nunez et Gérald Darmanin. Ajoutez à cela le chlordecone toujours dans les sols antillais et l’amiante dégradée toujours dans les écoles, et vous avez la liste de ce qu’on préfère ne pas regarder en face.

20:46 — Macron veut protéger les mineurs des écrans
1:17:56 — Macklemore viré d’une tournée pour avoir dit « Free Palestine »
59:40 — La mort d’Etienne occultée


La colère est là, documentée, chiffrée ; ce qui manque, c’est qu’elle trouve où se ranger avant qu’on ne la retourne contre vous.

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L’EDITO

 

Aucun milliard ne remplace un adulte dans un couloir

Cinq ans de prison, dont un an ferme, pour des agressions sexuelles sur neuf enfants : c’est la peine prononcée à Paris contre un animateur périscolaire. Neuf. Ce chiffre-là, je voudrais qu’on s’y arrête avant de passer au suivant, parce qu’il ne dit pas seulement ce qu’un homme a fait. Il dit ce qu’une organisation a laissé faire. Un enfant, c’est un drame. Neuf enfants, c’est une chaîne : des temps d’accueil sans regard extérieur, des signalements qui ne remontent pas ou qui remontent trop tard, des adultes trop peu nombreux pour se surveiller les uns les autres. Anne Hidalgo reconnaît une défaillance institutionnelle. Le mot est juste. Il arrive après.

Et le même jour, Sébastien Lecornu dévoile son budget 2027 : 2,6 milliards d’euros pour la protection de l’enfance, 1,5 milliard contre les violences sexistes et sexuelles. Je ne vais pas faire semblant de trouver ça scandaleux en soi — je préfère ces lignes-là à leur absence. Ce qui m’arrête, c’est la phrase qui accompagne l’annonce dans le même mouvement : le premier ministre demande une stabilité des dépenses de l’État. Lisez les deux ensemble, parce qu’elles ont été écrites ensemble. Des milliards nouveaux, et pas d’argent nouveau. Il n’y a que deux hypothèses. Soit ces milliards sont pris à d’autres services publics, et on financera la protection de l’enfance en démontant quelque chose qui protège aussi des enfants, l’école, l’hôpital, le social, allez savoir. Soit ils sont un redéploiement comptable, un reclassement de lignes existantes sous une étiquette qui parle, et l’annonce n’ajoute rien qu’une annonce. Dans les deux cas, on ne crée pas de capacité. On crée un titre.

Voilà le fil de ma journée. D’un côté un tribunal qui établit, en langage judiciaire, qu’il n’y avait personne. De l’autre un gouvernement qui répond en milliards, pour un exercice budgétaire qui sera voté par d’autres, dans un pays dont personne ne peut sérieusement garantir la configuration politique à cette échéance. Entre les deux, le vide exact où se produisent les faits : le couloir, le vestiaire, le temps du goûter, le moment où un adulte est seul avec des enfants parce qu’il n’y a pas de deuxième adulte.

Ce qui manque à la protection de l’enfance, ce n’est pas un chiffre à neuf zéros dans un communiqué. C’est du monde. Des recrutements, donc des salaires qui rendent ces métiers tenables ; de la formation, donc du temps payé qui n’est pas du temps de garde ; des procédures de signalement où la parole d’un enfant ne meurt pas dans la hiérarchie locale ; des contrôles réels et répétés, pas une case cochée à l’embauche. Tout cela est ennuyeux, invisible, sans effet d’annonce, et ne se photographie pas. Tout cela coûte en fonctionnement, et c’est précisément le poste que la doctrine de la « stabilité des dépenses » désigne comme l’ennemi. On nous promet l’enfance protégée en 2027 avec la grammaire budgétaire qui a produit les couloirs vides de 2026.

Et je vois la même grammaire ailleurs, le même jour, sur un tout autre terrain. L’essence dépasse son pic de 2022, le gazole approche son record, la facture de gaz a bondi d’environ 30 % depuis janvier, soit 120 euros de plus en moyenne par rapport à 2025. Des gens n’arrivent plus à aller travailler. Réponse de Bruno Retailleau : 15 à 17 centimes de moins à la pompe en supprimant les certificats d’énergie. Là encore, un chiffre propre, immédiat, opposable dans un plateau télé. Là encore, rien qui ne consiste à retirer quelque chose. On ne construit pas d’alternative à la voiture, on ne rénove pas les logements qui engloutissent le gaz : on rabote un dispositif et on appelle ça une politique. Dépense annoncée d’un côté, prélèvement supprimé de l’autre. L’État se raconte en soustractions et en additions pendant que le réel se joue dans les couloirs des écoles et devant les pompes.

Je ne crois pas une seconde que ce soit de la maladresse. C’est une économie de l’attention parfaitement maîtrisée. Un milliard annoncé produit un titre aujourd’hui et sera contrôlable dans deux ans, quand plus personne ne regardera. Un taux d’encadrement, ça se vérifie demain, dans une école, par un parent. Le premier est un actif politique, le second est un risque. Et la presse joue sa partition : l’annonce budgétaire a circulé exactement dans la forme où elle a été écrite, en milliards, sans qu’on demande d’où vient l’argent ni comment il se transforme en présence humaine ; la condamnation parisienne, elle, a été rangée au rayon judiciaire, affaire close, coupable identifié, page tournée. Deux faits, deux tuyaux séparés. Le raccord, il fallait le faire, et il tenait en une question : combien d’adultes en plus, et quand ?

Je la pose. Pas pour 2027. Pour la rentrée en cours, dans les centres où des enfants sont accueillis ce soir même après la classe, sous la responsabilité de gens à qui on demande de tout voir sans leur donner les yeux. Neuf enfants, ce n’est pas une défaillance. C’est un résultat.

Un couloir ne se budgète pas.

 

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