La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social
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La famille d’Edouard Balladur a annoncé son décès à 97 ans. Il avait pris sa retraite politique en 2006 après plus de cinquante ans d’une carrière passée au plus haut sommet de l’Etat.
Né le 2 mai 1929 à Izmir, en Turquie, dans une famille d’origine arménienne, Edouard Balladur a grandi à Marseille, avant de rejoindre Sciences Po, puis l’ENA, dont il sort en 1957. La même année, il se marie avec Marie-Josèphe Delacour, avec qui il a quatre fils. Sa carrière politique s’accélère à partir de 1964 lorsqu’il rejoint le cabinet de Georges Pompidou, alors Premier ministre de Charles de Gaulle. C’est à Matignon qu’il rencontre et noue une complicité avec un certain Jacques Chirac.
Conseiller pour les affaires sociales de Georges Pompidou avant son élection en 1969, Edouard Balladur lui restera fidèle après sa victoire à la présidentielle, et deviendra ainsi son secrétaire général adjoint de l’Elysée, puis son secrétaire général en 1973.
A la mort de Georges Pompidou en 1974, Edouard Balladur passe brièvement par le Conseil d’Etat avant d’exercer dans le privé jusqu’en 1986. Durant cette période, Jacques Chirac, alors maire de Paris, sollicite ses conseils pour sa campagne présidentielle de 1981. Débute alors une amitié entre deux hommes dont le destin politique demeurera entrelacé.
En 1983, voyant la cote de popularité du président François Mitterrand s’effondrer, Edouard Balladur se prépare aux échéances législatives prévues trois ans plus tard. Il est persuadé que la gauche y sera tenue en échec. Il est ainsi le premier à théoriser l’idée d’une cohabitation entre un président et un Premier ministre aux tendances politiques opposées.
En 1986, la droite sort bel et bien victorieuse et devient majoritaire à l'Assemblée. La France connaît la première cohabitation politique de la Ve République. Devenu Premier ministre, Jacques Chirac fait d’Edouard Balladur le numéro deux du gouvernement. Il est nommé à Bercy avec le titre prestigieux de ministre d'Etat.
En 1993, François Mitterrand, réélu président en 1988, perd à nouveau les élections législatives. Au RPR, l'entente paraît claire entre les deux hommes : Edouard Balladur prend Matignon pour laisser Jacques Chirac préparer la course à l'Elysée.
Le nouveau Premier ministre prend ses fonctions dans un pays marqué par la hausse du chômage et du déficit public, ainsi qu’un ralentissement de la croissance. A son poste, Edouard Balladur bénéficie d’une étonnante popularité, sans doute grâce à sa personnalité prudente et efficace.
Fort de son succès, Edouard Balladur se prend à rêver des ors de l'Elysée. Il décide de se lancer dans la course à la présidentielle de 1995. Cette candidature est vécue comme une trahison par Jacques Chirac.
Rapidement dépassé dans les sondages, il s'inclinera au premier tour des élections avec un score de 18,58%, insuffisant pour contrer les 23,30% de Lionel Jospin et les 20,84% de Jacques Chirac. Une défaite dont la postérité retiendra une réplique culte : “Je vous demande de vous arrêter !” prononcée ce soir-là par un Edouard Balladur agacé par les sifflets de ses partisans à l'annonce des noms de l'affiche du second tour.
Quinze ans plus tard, Edouard Balladur est rattrapé par la justice et mis en cause dans l’affaire Karachi. L’ancien chef du gouvernement est soupçonné, avec l’aide de son ministre de la Défense de l’époque, François Léotard, d’avoir mis en place un système de rétrocommissions illégales sur des contrats d’armement à destination du Pakistan et de l’Arabie saoudite. Dix millions de francs versés par la France pour obtenir les contrats de construction de sous-marins et de frégates seraient revenus dans les caisses de campagne de Balladur, via des intermédiaires, dont Ziad Takieddine.
Dans le cadre de l’enquête, une partie des archives du Conseil constitutionnel est saisie. Leur examen révèle que les Sages ont validé ses comptes de campagne en 1995 – ainsi que ceux de Jacques Chirac – et ce, malgré la trace de 10 millions de francs versés en liquide. Edouard Balladur, qui avait dépassé le plafond de dépenses autorisées, était aussi soupçonné d’avoir détourné les fonds spéciaux de Matignon pour financer sa course à l’Elysée. L’intéressé, qui a toujours nié son implication dans l’affaire Karachi, a finalement été relaxé en 2021.
L'ancien Premier ministre avait pris sa retraite politique en 2006. Depuis, ses apparitions publiques se faisaient rares. En 2019, il s'était toutefois rendu aux obsèques de Jacques Chirac. Plus récemment, en 2022, il avait affiché son soutien à Valérie Pécresse dans la course à l'Elysée.
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Le Rassemblement national prépare un référendum sur l’interdiction du port du voile si Marine Le Pen est élue lors de la présidentielle 2027. Ce serait une façon d'enjamber le Conseil constitutionnel, qui ne peut pas statuer sur des lois référendaires car elles “constituent l’expression directe de la souveraineté nationale”, selon sa décision de 1962, après le référendum de Charles de Gaulle sur le suffrage universel direct.
“Ce sont les Français qui décideront ou pas d'une telle mesure par l'intermédiaire d'un référendum”, confirme lundi Jordan Bardella. “Nous soumettrons un projet de loi qui visera à lutter contre l'idéologie islamiste.” Le président du Rassemblement national souhaite qu'il y ait un “débat de société” autour de ce sujet.
La mention par le député RN Jean-Philippe Tanguy, d’une amende en cas de non-respect de l’interdiction du port du voile a relancé la question autour de cette promesse déjà érigée à trois reprises dans les anciennes campagnes de la candidate d’extrême droite.
Une des pistes à l’étude est de s’inspirer de la législation sur l’interdiction du port de la burqa, puni d’une contravention de 150 euros. En cas de victoire en mai 2027, le Rassemblement national prévoit également un référendum sur l’idéologie islamiste.
Cinq rapporteurs spéciaux des Nations unies ont exprimé leurs “vives préoccupations” concernant l’eurodéputée franco-palestinienne LFI Rima Hassan, visée par plusieurs procédures qui “semblent témoigner d’un harcèlement judiciaire et politique” à son encontre.
Ces rapporteurs, mandatés par le Conseil des droits de l’homme mais qui ne s’expriment pas au nom de l’ONU, ont été saisis par Rima Hassan, qui doit être jugée en octobre à Paris pour apologie du terrorisme. Chargés notamment de la liberté d’expression ou de la protection des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, ils ont adressé fin juin des demandes au gouvernement français à propos des “nombreuses poursuites” engagées contre elle.
Ils disent craindre “que ces mesures ne constituent un harcèlement politique et judiciaire à l’encontre de Mme Hassan et s’inscrivent dans une tendance croissante de répression par les autorités françaises des voix qui défendent les droits du peuple palestinien”. “Sans vouloir préjuger de l’exactitude de ces informations”, ils expriment leurs “vives préoccupations”, redoutant “des violations de plusieurs droits humains”, dont les droits à la vie privée, la liberté d’expression ou la non-discrimination.
Rima Hassan doit comparaître les 19 et 20 octobre pour apologie du terrorisme. La justice lui reproche un post publié sur son compte X fin mars dans lequel elle mentionnait le Japonais Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui avait tué 26 personnes. Ce tweet, ensuite supprimé, avait été signalé au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis par l’Organisation juive européenne et la Licra. Au printemps dernier, le parquet de Paris faisait état de 16 procédures concernant l’élue, closes par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, dont 13 classées sans suite, sans compter six procédures en cours.
Le gouvernement suédois a signé un contrat de 4,3 milliards d’euros pour l’acquisition de quatre frégates françaises de défense et d’intervention (FDI). Cette signature s’est faite à l’occasion du déplacement du président français à Stockholm, où il a été reçu par le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson.
Le contrat a été signé par le PDG du constructeur, Naval Group, Pierre Eric Pommellet, et le directeur de l’Administration suédoise des matériels de défense, Mikael Granholm. La Suède poursuit ainsi son effort de réarmement depuis le début de la guerre en Ukraine, en 2022, et son entrée dans l’Otan en 2024.
“Des choix forts en matière de coopération de défense, une nouvelle étape de notre partenariat stratégique, une même ambition : une Europe forte, souveraine, maîtresse de son destin”, a souligné sur X le chef de l’Etat français. “Partageant la même ambition, une Europe plus forte et plus sûre, bâtie sur l’innovation et la coopération”, a répondu pour sa part le chef du gouvernement suédois, également sur X.
Comme depuis plusieurs mois, le prix du gaz augmente, mardi 1er septembre, pour les six millions de foyers bénéficiant de tarifs indexés, dont les prix sont actualisés tous les mois selon les cours du marché. En septembre, il augmentera de 5,6% et passera de 162 à 172 euros le mégawattheure (MWh) pour les 60% d'abonnés résidentiels aux tarifs indexés. Les abonnés au tarif fixe sont, eux, protégés par les variations de prix jusqu'à la fin de la durée de leur contrat.
Pour un foyer qui se chauffe au gaz, cette hausse peut représenter jusqu’à cent euros supplémentaires sur l’année. Elle s’inscrit surtout dans un contexte d’inflation des prix du gaz, qui ont bondi de près de 24% depuis le début de la guerre au Moyen-Orient : au 1er avril, le mégawattheure coûtait 139,12 euros pour les ménages.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a dépassé les 70 euros le mégawattheure fin août, contre 30 euros avant le déclenchement du conflit. Et des analystes de Goldman Sachs ont prédit que le prix du MWh pourrait dépasser les 100 euros en décembre, au cœur de l’hiver.
Mi-août, les stocks n’étaient remplis qu’à 57% dans l’Union européenne, contre 74% en moyenne à cette époque ces cinq dernières années. Des chiffres qui pourraient obliger certains pays à des achats contraints.
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