NON aux nuits sur un brancard pour nos aînés aux urgences
La Santé
Chère lectrice, cher lecteur,
Une nuit sur un brancard, et le risque de mourir augmente de 40 % pour les plus de 75 ans.
Cet été, 43 % des services d'urgences ont eu au moins 20 patients par jour dans cette situation. Jusqu'à trois jours d'attente dans certains hôpitaux, et des décès signalés directement sur des brancards.
Je vous partage cette pétition pour nous dire non aux nuits d'urgence sur un brancard pour nos aînés !
A bon entendeur,
Thibaut Masco de Santé Non Censurée
NON aux nuits sur un brancard pour nos aînés aux urgences
Chers amis,
Le 17 septembre 2026, le syndicat Samu-Urgences de France a publié son bilan sanitaire de l'été. Le constat d'échec est sans appel.
Sur les 58 services d'urgences étudiés, 43 % ont dû installer au moins 20 patients par jour sur un brancard, faute de lit d'hospitalisation disponible. Dans 32 établissements, l’attente de ces patients a dépassé trois jours entiers. (1)
Trois jours sur un brancard, dans un couloir ! Et parmi ces patients, des personnes de plus de 75 ans, fragiles, parfois désorientées.
Cette situation est insupportable.
Des patients morts sur un brancard
Pire encore : vingt-six établissements ont signalé au moins un décès de patient survenu sur un brancard, pendant sa prise en charge ou son attente. (1)
Pendant ce temps, dans certains locaux d'urgences, les températures ont dépassé 38°C.
Des patients âgés, allongés des heures durant dans un couloir surchauffé, sans lit, sans intimité, parfois sans même un ventilateur… pendant que leur état de santé se dégrade minute après minute.
Chaque nuit sur un brancard peut tuer
Une étude de l'AP-HP et de l'Inserm, menée dans 97 services d'urgences français et publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, a suivi 1 598 patients de plus de 75 ans.
Là encore le constat fait froid dans le dos : une nuit passée sur un brancard aux urgences augmente de près de 40 % votre risque de mortalité hospitalière. Celle-ci passe de 11,1 % à 15,7 %. (2)
Chez les patients les plus fragiles, ceux qui ont besoin d'une assistance au quotidien, ce risque double quasiment. (2)
Les chercheurs estiment que si tous les patients de cette étude avaient pu être admis dans une chambre avant la nuit, 3 % des décès auraient pu être évités. (2)
Les auteurs eux-mêmes concluent que l'objectif de "zéro lit brancard" pour les plus de 75 ans doit être considéré comme un objectif de santé publique. (2)
Depuis cette publication, rien n'a changé. Et malheureusement rien ne changera jamais si nous ne faisons pas entendre notre voix.
Combien de rapports, combien d'étés, avant d'agir ?
Les études alarmantes se succèdent, les bilans syndicaux accablants s'accumulent ; à cela s’ajoutent des fermetures intempestives de services entiers, jusqu'en pleine période estivale.
Pourtant, aucune mesure contraignante n'a été prise pour empêcher spécifiquement les personnes de plus de 75 ans de passer une nuit sur un brancard.
Combien de bilans d'été devrons-nous encore lire avant que "zéro nuit sur brancard" devienne une véritable priorité nationale, et pas un simple vœu pieux de chercheurs en santé publique ?
L'instauration de l'objectif "zéro nuit sur brancard" pour les patients de plus de 75 ans, comme priorité nationale de santé publique, avec des moyens dédiés pour l'atteindre
La réouverture de lits d'aval dans les hôpitaux en tension, pour que l'accueil aux urgences ne se transforme plus en attente de plusieurs jours
La publication trimestrielle, par les ARS, du nombre de patients-brancards par établissement, pour que les familles et les élus locaux puissent suivre la situation en toute transparence
Nos aînés ne devraient jamais avoir à choisir entre attendre des jours sur un brancard ou renoncer à se faire soigner.
Sources : [1] Samu-Urgences de France (SUdF), enquête estivale publiée le 17 septembre 2026, menée auprès de 143 professionnels dans 80 départements (43 % des 58 services ayant compté au moins 20 patients-brancards par jour ; attente supérieure à trois jours dans 32 structures ; 26 structures avec au moins un décès signalé ; températures dépassant 38°C ; 21 services sans aucune climatisation).
[2] AP-HP / Inserm / Sorbonne Université / Université de Rouen Normandie, étude "No Bed Night", publiée dans JAMA Internal Medicine le 6 novembre 2023 (1 598 patients de plus de 75 ans suivis dans 97 services d'urgences ; risque de mortalité hospitalière passant de 11,1 % à 15,7 % après une nuit sur un brancard, soit +40 % ; 3 % des décès évitables avec une admission avant la nuit).
[3] France 3 Pays de la Loire / Le Courrier de la Mayenne, "'C'est inédit.' Après la fermeture nocturne des Urgences à l'hôpital de Mayenne, c'est le SMUR qui manque à l'appel", 21/09/2026, et "La direction du CHNM annonce une nouvelle journée de fermeture de ses urgences", 25/09/2026 (fermeture de 36h le 16 septembre 2026 ; département sans aucun SMUR le 19 septembre 2026 ; 4e fermeture depuis fin juillet 2026.
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