
600 000 fidèles attendus. Immense prière de rue sur les Champs-Élysées et place de la Concorde pour la messe célébrée par le pape Léon XIV. Une tonne d’hosties, 175 000 cierges, 30 km de barrières, un million d’euros pour 2 500 sanitaires (soit 400 euros par cabine) et pas un sou pour la ville de Paris pour l’occupation de l’espace public ! L’autel est dressé pile-poil à l’endroit où se dressait l’échafaud où furent raccourcis le roi et son épouse en 1793.
Fellini n’a rien inventé

Le défilé de mode liturgique de Fellini dans Roma (1972) n’est pas si onirique que ça. Le célèbre couturier Fillipo Sorcinelli habille les hauts dignitaires de l’Église depuis plus de 20 ans, et d’autres grands couturiers avant lui :
– ARTE, « Le couturier du pape », Allemagne, 2024, 31mn
– Léo Ferré, Monsieur Tout‐Blanc, 1949
Léon à l’UNESCO
Pas le moindre plan sur le grand mobile de Calder !

« Rendre visible les forces invisibles qui régissent le monde », voilà le but de ce mobile installé en 1958 par le génial sculpteur américain Alexander Calder (1898-1976), grand soutien de la Résistance française et copain de Jacques Prévert. Il a vécu et travaillé en France, notamment à Saché en Indre-et-Loire. Il enchantait ses amis avec des représentations de son cirque, avec des marionnettes de sa fabrication. Léon XIV aurait aimé.
Voilà sœur Joséphine, ma tante

C’est pas elle en vrai, mais ma tante Joséphine était vraiment « sœur de la charité de saint Vincent de Paul ». On s’aimait beaucoup. Infirmière, de guerre en misère elle en avait vu de toutes les douleurs. Hors piste, elle me parlait de saint Augustin et me donnait des sous pour m’acheter des cahiers et des bouquins. C’est comme ça que tout gamin j’ai acheté en douce mon premier bouquin sur Modigliani. Chacun ses icônes, l’important c’est la foi et les forces invisibles qui régissent le monde.

Daniel Mermet