La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social
Si le thème de la manifestation n’incitait pas à la réjouissance, c’est dans une ambiance bon enfant que les opposants à ce qu’ils considèrent être un « permis de tuer » ont défilé dans les rues de Grenoble, ce dimanche après-midi. Parti symboliquement de l’hôtel de police, le cortège a rejoint le parc Paul-Mistral au son de fanfares, de chansons revisitées et de slogans hostiles à la police. Les organisateurs, une coalition d’associations, de syndicats et de formations politiques, ont revendiqué 4 000 à 5 000 manifestants quand les forces de l’ordre en ont dénombré 2 000. Plusieurs élus locaux étaient présents, comme Allan Brunon, leader du groupe insoumis au conseil municipal grenoblois.
Pour Tom, doctorant en chimie, « le principe de légitimer au préalable un tir policier est effrayant. S’il doit y avoir une police dans la société, elle devrait accompagner les victimes, permettre aux citoyens d’accéder à la justice, plutôt que rendre la justice elle-même en tuant ». La proposition de loi, adoptée cet été en première lecture par l’Assemblée nationale, prévoit que policiers et gendarmes soient “présumés avoir agi” légalement s’ils font usage de leur arme. Une pétition d’opposants a récolté plus de 730 000 signatures sur le site de l’Assemblée, mais les députés n’y ont pas donné suite. Le Sénat doit encore se prononcer sur le texte avant une éventuelle adoption définitive.