La revue de presse quotidienne d'un citoyen engagé dans le combat politique et social
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Ce qui s’est produit le 7 juillet dernier avec le prononcé de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris restituant à Marine Le Pen son éligibilité constitue un tournant. Nous ne reviendrons pas sur les conséquences juridiques chaotiques de cette décision et de ses suites, avec une cette curieuse éligibilité quantique, mais il y a un avant et un après. Rappelons que jusqu’au jugement de première instance rendu le 31 mars 2025, l’appareil judiciaire poursuivait dans la voie empruntée avec le coup d’État du printemps 2017, caractérisé par un soutien sans faille à l’expérience Macron. L’impasse politique et institutionnelle que connaissait la France dans le contexte d’un Occident à la dérive produisait cependant, même si parfois souterrainement, de puissants effets. Une partie du système institutionnel et étatique, que l’on appellera par commodité « État profond » a pris conscience de la catastrophe qui venait et de l’urgence qu’il y avait pour lui à s’y préparer. Les cinq compartiments déchirés du Titanic se remplissent, le naufrage est inéluctable, et beaucoup ont compris qu’il fallait se précipiter dans les canots.
Depuis le virage spectaculaire de l’appareil judiciaire notifiant au système Macron qu’il ne devait plus compter sur lui, chaque jour apporte son lot de « signaux » forts ou faibles qui racontent le désarroi, la panique et surtout le sauve-qui-peut. Les plus stupides, les plus incompétents, les plus corrompus, et Dieu sait si le macronisme en a produit, essaient maladroitement de continuer comme si de rien n’était. Les moins stupides, les moins incompétents, les moins corrompus, et aussi soyons fous, les honnêtes, prennent leurs marques. Et surtout leurs distances avec le psychopathe de l’Élysée et sa mafia rapprochée. Le chef du gang quant à lui, armé de son incompétence politique et de sa vertigineuse vanité, continue comme si de rien n’était. Imaginant peut-être pouvoir à nouveau truquer l’élection présidentielle, ou bien même dans sa folie, la reporter pour cause de guerre, comme il a félicité Zelinsky de l’avoir fait. Sauf à provoquer l’explosion en essayant quand même, force est de constater qu’il n’en a plus les moyens.
Il faut par conséquent se rendre à l’évidence, l’élection présidentielle de 2027 verra la fin du macronisme. En commençant par le départ de Macron de l’Élysée qui, quel que soit le nouvel élu, signera sa mort politique. Et si l’on se réfère à l’attitude de l’appareil judiciaire, le parcours entre la rue du faubourg Saint-Honoré et la paille humide des cachots pourrait être assez court. Les magistrats ont tant à se faire pardonner, et ce personnage haïssable et haï par les Français a décidément une bonne tête de bouc émissaire.
En 2017 la haute fonction publique socialiste a proposé à l’oligarchie de sortir de la fausse alternance en place depuis 1983, et de mettre en place la solution unique du bloc central. On savait, ou on aurait dû savoir, que c’était un fusil à un coup. Le tripatouillage médiatico-judiciaire ne marcherait qu’une fois, voire deux avec le bricolage de 2022 et sa réélection accompagnée d’une défaite législative. En 2024, à la catastrophe des élections européennes, devait succéder la victoire du RN législative. Une magouille sordide voulue par Jean-Luc Mélenchon, avec l’imposture du « Nouveau Front Populaire (usurpation écœurante !) », au nom d’une lutte antifasciste inventée, permit de sauver à la fois Macron et le parti socialiste.
Ce fut là aussi un fusil à un coup, infligeant à la France trois ans supplémentaires du cauchemar macronien, et rendant inéluctable l’alternative : le changement ou la catastrophe. C’est de cela que l’appareil judiciaire a pris conscience. Après avoir cru se débarrasser du problème en expulsant Marine Le Pen et son électorat du processus électoral en mars 2025, il a été contraint à un virage à 180°, en lui accordant, ce qui est extraordinaire, comme une forme d’investiture.
On ne sait pas comment vont se dérouler les sept mois qui nous séparent du scrutin présidentiel (le mois d’août ne compte pas). Le bloc central n’a pas de solution. Lesté par le boulet politique que représente Macron, il n’a pas de candidat crédible, et pas de projet présentable. Le prolétariat vote Marine Le Pen et la petite bourgeoisie urbaine déclassée Jean-Luc Mélenchon. Même si cette présentation est à la fois schématique et provocatrice, elle repose quand même sur une réalité. Il y a donc toutes les chances de retrouver ces deux candidats au deuxième tour.
On verra bien, l’histoire n’est jamais complètement écrite. En revanche ce que l’on peut noter concernant la fin du macronisme c’est que ses 10 ans auront vu une transformation démographique aux conséquences électorales importantes. Depuis 2017 c’est au moins 7 millions de nouveaux électeurs qui ont atteint l’âge légal. Probablement pas avec l’idée de sauver le macronisme… Surtout que dans la même période, ce sont près de 5 millions de ces boomers crétins qui ont fait la base électorale du psychopathe de l’Élysée, qui sont morts.
Cette profonde mutation explique également la prise de conscience au sein de l’État que nous avons relevé. Vivants ou morts, tous ceux qui ont organisé, soutenu et accepté le coup d’État, ne sont plus aux manettes.
Mao Tsé toung dans son célèbre texte de 1938 « De la contradiction », faisait la différence entre ce qu’il appelait contradiction principale et les contradictions secondaires. Celle du mois de mai prochain en France, celle de l’affrontement entre le « bloc élitaire » et le « bloc populaire », sera la contradiction principale. Et elle se résoudra fort probablement au profit du bloc populaire. Non que celui-ci « prenne » le pouvoir, car ceci une autre histoire. Mais il y a toutes les chances que seul ou accompagné, le RN « vienne » au pouvoir.
Il y a deux ans, le 21 juin 2024 à quelques jours des élections législatives, j’avais publié un article intitulé : « Une fois les illusions balayées, il y aura du temps pour la clarté ». Signé de Victor Sarkis et Jean Malgouyard. Qui procédait à une brillante et minutieuse analyse marxiste dans la perspective d’une victoire du RN aux élections législatives. La magouille du NFP a reporté l’échéance de trois ans. Outre les ajustements chronologiques et quelques mises au point, ce texte n’a cependant pas pris une ride concernant l’explication de ce qui se produit et les perspectives qui s’offrent à nous.
Je propose par conséquent de le relire aujourd’hui.
En attendant une mise à jour cet automne.
Avant de partir, merci de m’offrir un café.
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