C’est un rituel, tous les matins, lorsque je parcours les quotidiens. Je termine immanquablement la lecture du « Parisien » par l’horoscope, à la fin du journal. Je m’y suis appliquée aujourd’hui encore et la journée s’annonce bien : certes, j’aurais tendance, moi qui suis du signe du Taureau, à imposer à mon entourage ma façon de voir les choses, mais je pourrai augmenter mes chances de remplir tous mes objectifs et surtout je bénéficierai de bonnes défenses immunitaires. Ouf ! Me voilà rassérénée : certes, je me sens fatiguée, mais c’est bon, ça va aller.
Hier, c’est sur celui du magazine « Elle » que je me suis ruée. Là, c’est double dose de prédictions puisqu’un horoscope lunaire, centré sur le monde intérieur et les émotions, enrichit l’horoscope solaire. ll semblerait que j’aie besoin, cette semaine, de changer d’air et de croiser de nouveaux visages... Mais oui, c’est vrai, je le sens. Je veux m’échapper. Quitter Paris et m’ébrouer tel un chien fou. J’aime particulièrement l’horoscope estival. Découvrir, à sa lecture, si les vacances vont me permettre de renouer avec une fibre artistique trop longtemps étouffée ou m’obliger à regarder les choses en face : et si cette amitié n’avait que trop duré ?
Last but least, je savoure l’horoscope littéraire d’Abigail Assor, écrivaine sommairement astrologue et raisonnablement tarologue, que « le Nouvel Obs » a la bonne idée de publier depuis quelques années. Un petit délice de poésie. « Ta nature, Taureau, c’est la passion », écrit-elle dans l’horoscope de cet été. C’est tellement vrai ! « Tu n’es pas de ceux qui s’accommodent du gris et de l’ennui. Non, toi, tu es un aigle. Tu es un rossignol. » Tout à fait. Caresse narcissique et douce musique à mes oreilles.
En écrivant ce petit papier, s’esquisse la réponse à ma question : mais pourquoi je lis l’horoscope ? Parce que cela me rassure, me fait rêver ou me renvoie une image flatteuse, les Taureaux étant décrits comme des êtres sensibles, généreux, esthètes, droits, etc ; etc. - je ne m’attarde pas sur leurs défauts. Alors, certes, j’oublie ces horoscopes aussi vite que je les ai lus. Plaisir éphèmère, certes, mais plaisir essentiel.