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Les sondages placent Marine Le Pen en tête de la course à l'Élysée malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics européens. Son pourvoi en cassation suspend l'exécution des peines. La Cour de cassation annonce qu'elle se prononcera avant le premier tour de l'élection présidentielle. Marine Le Pen fait le pari que la justice n'osera pas lui infliger un bracelet électronique.
La condamnation en appel de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics n'a pas infléchi la courbe des sondages. Parue à la mi-juillet, l'étude d'Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche la place largement en tête au premier et au second tour de l'élection présidentielle de 2027. Jugeant «irréaliste» qu'une décision de justice bloque sa candidature, la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l'Assemblée nationale a formé un pourvoi devant la Cour de cassation, ainsi que dix autres cadres du RN. Tous contestent l'arrêt du 7 juillet de la Cour d'appel de Paris qui les a reconnus coupables de détournement de fonds publics du Parlement européen, entre 2004 et 2016, pour un préjudice évalué à 2,8 millions d'euros. Selon la Cour d'appel, Marine Le Pen et les autres prévenus auraient mis en place une « organisation » pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés, des personnes travaillant pour le RN. Le subtil départage entre ce qui relève d'une activité politique « européenne » ou « nationale » est le nœud du débat.
La Cour de cassation entend statuer sur le pourvoi de Marine Le Pen avant le premier tour de la présidentielle. Jusqu'à sa décision, les peines prononcées en appel sont suspendues. Précédemment, « la Cour d'appel avait réduit sa peine d'inéligibilité de cinq ans à 15 mois (déjà purgés), lui permettant de concourir à l'élection » rappelle le site belge 7sur7 (21/07/2026). Mais il restait tout de même trois ans d'emprisonnement, dont un an sous bracelet électronique, et la candidate à l'élection suprême ne se voyait pas faire campagne avec une telle entrave. Son pourvoi en cassation lui donne de la marge pour se lancer en campagne sans ce « bijou » encombrant. Elle fait le pari que la justice n'osera pas lui infliger un bracelet électronique à la veille du premier tour de l'élection présidentielle. « Le risque de l'empêchement n'est pas dissipé, il est …
Philippe Oswald
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