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Le 24 décembre 1971, un avion se désintègre au-dessus de l'Amazonie péruvienne. Une seule passagère survivra : Juliane Koepcke, 17 ans. Éjectée dans le vide, toujours attachée à son siège, elle chute pendant près de trois kilomètres avant d'être engloutie par la forêt. Commence alors onze jours de survie dans l'un des environnements les plus hostiles de la planète. Une histoire si incroyable qu'elle semble inventée. Pourtant, tout est vrai.
Pour comprendre comment une adolescente a pu survivre à une telle catastrophe, il semble important de savoir d'où elle vient. Née à Lima le 10 octobre 1954, Juliane Koepcke est la fille de deux scientifiques allemands spécialisés dans l'étude de la faune péruvienne. Son père, Hans-Wilhelm, a lui-même connu un destin hors du commun : après la Seconde Guerre mondiale, il traverse une partie de l'Europe à pied, gagne clandestinement le Brésil à bord d'un cargo, dissimulé dans une cargaison de sel, puis rejoint le Pérou. Il intègre le Musée d'histoire naturelle de Lima comme zoologiste. Maria, rencontrée sur les bancs de l'université de Kiel, le rejoint peu après. Ornithologue, elle deviendra l'une des plus grandes spécialistes des oiseaux du Pérou. Mariés en 1950, ils consacrent leur vie à l'étude de la biodiversité sud-américaine.
En 1968, les Koepcke fondent Panguana, une station de recherche installée dans la forêt amazonienne péruvienne, près de la ville de Pucallpa, à l'est de Lima. Juliane, alors âgée de 14 ans, y vit avec eux. Son père lui apprend concrètement à évoluer dans la jungle.
Le 23 décembre 1971, Juliane reçoit son diplôme du lycée germano-péruvien de Lima. Sa mère accepte de repousser leur départ pour Panguana afin qu'elle puisse assister à la cérémonie. Pour rejoindre Pucallpa, elles prennent l'avion. À la veille de Noël, les vols sont complets. Il ne reste que deux places sur le vol 508 de LANSA, le dernier appareil encore en service de la compagnie.
Son père Hans-Wilhelm leur avait pourtant vivement déconseillé cette compagnie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ses craintes étaient justifiées : créée en 1963, LANSA accumule en huit ans trois catastrophes qui en font l'une des compagnies les plus meurtrières de l'histoire de l'aviation. Le 27 avril 1966, le vol 501 percute le mont Talaula (49 morts). Le 9 août 1970, le vol 502 s'écrase au décollage de Cusco (99 morts sur 100). Le…
Raphaël Lepilleur
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