Pour le dernier numéro de la saison d’Économie souveraine, Georges Kuzmanovic reçoit Jacques Sapir en studio afin d’analyser une situation internationale devenue particulièrement instable. Entre l’escalade militaire en Ukraine, les tensions persistantes entre l’Iran et les États-Unis, les incertitudes autour du détroit d’Ormuz et l’épuisement des réserves énergétiques, les risques économiques s’accumulent. Jacques Sapir revient d’abord sur les négociations entre Washington et Téhéran. Malgré la réouverture partielle du détroit d’Ormuz, la situation reste extrêmement fragile : peu de pétroliers entrent de nouveau dans le Golfe, les réserves américaines de diesel et de kérosène sont au plus bas et les capacités de production chimique n’ont pas encore retrouvé leur niveau normal. Une nouvelle flambée des prix des carburants pourrait ainsi survenir dès la fin du mois de juillet ou au début du mois d’août. Au-delà du pétrole, c’est un second choc, industriel et chimique, qui menace désormais les économies occidentales. Jacques Sapir envisage une inflation comprise entre 4 et 5,5 %, une croissance française proche de zéro, voire négative, et une nouvelle récession en Allemagne. L’industrie automobile et la chimie allemandes sont particulièrement exposées, tandis que l’Italie pourrait subir à son tour le ralentissement de ses principaux partenaires commerciaux. L’émission aborde également la dégradation des finances publiques françaises : hausse des taux d’intérêt, progression du déficit budgétaire et risque d’un nouvel emballement des marchés. Pour Jacques Sapir, le poids nominal de la dette est toutefois moins déterminant que l’évolution des taux d’intérêt réels et de l’inflation. Dans la seconde partie, Georges Kuzmanovic et Jacques Sapir analysent l’escalade autour de la guerre en Ukraine. Derrière les déclarations martiales du sommet de l’OTAN, les stocks occidentaux de missiles antiaériens sont largement épuisés. Les capacités ukrainiennes d’interception diminuent tandis que la Russie intensifie ses frappes de missiles et de drones. Les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes produisent des effets réels, mais encore limités. Leur principal impact serait aujourd’hui logistique, au moment où la Russie doit simultanément alimenter son armée, assurer les récoltes agricoles et répondre à la hausse estivale de la consommation. Loin de retourner la population contre la guerre, ces pénuries pourraient au contraire renforcer les demandes d’une riposte plus dure. Jacques Sapir revient enfin sur l’évolution du rapport de forces militaire, les difficultés croissantes du recrutement ukrainien, les contestations contre la mobilisation forcée, l’avancée des forces russes et la radicalisation progressive des objectifs territoriaux évoqués à Moscou. Il analyse également l’impasse politique dans laquelle se sont enfermés les dirigeants européens, incapables de garantir une victoire ukrainienne ou même une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne. Une émission consacrée aux conséquences économiques d’une véritable guerre énergétique mondiale, mais aussi aux récits médiatiques qui empêchent encore une partie des sociétés européennes de regarder lucidement l’évolution du conflit. 👍 Pensez à aimer cette vidéo, à la commenter et à la partager. 🔔 Abonnez-vous à Fréquence Populaire pour ne manquer aucune émission. Vous pouvez également soutenir notre travail grâce aux liens Stripe et Tipeee disponibles ci-dessous. Chaque contribution, même modeste, nous aide à continuer de produire des analyses indépendantes. Retrouvez également les articles et analyses de nos collaborateurs, dont Jacques Sapir, sur notre portail FPop Média. #JacquesSapir#GeorgesKuzmanovic#EconomieSouveraine#Ukraine#Russie#Iran#Pétrole#Economie#Inflation#OTAN#Géopolitique#FréquencePopulaire