À quoi ressemble le quotidien de celles et ceux qui nettoient les avions entre deux vols, à Roissy Charles-de-Gaulle?
Un peu plus d'une heure pour nettoyer un avion, parfois à peine dix minutes quand les vols s'enchaînent trop vite. Il faut ramasser tous les détritus, désinfecter les toilettes, aspirer la moquette, avant que l'équipage suivant n'embarque. Un travail cadencé par le trafic aérien, invisible aux yeux des passagers, mais marqué dans les corps : douleurs de dos, d'épaules, gestes répétés des milliers de fois, exposition au kérosène jamais mesurée.
Depuis la privatisation de la filiale de nettoyage d'Air France, les conditions de travail se sont dégradées : cycles de travail modifiés, salaires qui stagnent au niveau du SMIC, pression permanente d'une direction qui parle de "compte de résultats négatif" pendant que le trafic aérien ne cesse de croître. En décembre 2024, une partie des salariés d'Acna s'est mise en grève pour tenter de renverser la tendance, et a dû affronter au passage huissiers et courriers disciplinaires envoyés pour casser le mouvement.